On peut appeler cela de différentes manières, certains parleront de « recadrage », d’autres y verront une « mise au point » ou une sévère « mise en garde ». Dans tous les cas, le frère du roi des Belges a fini par être convoqué par le Premier ministre. Laurent a été rappelé à l’ordre par Charles Michel, qui a menacé de le priver de sa dotation d’État en cas de nouvel écart de conduite.
Cette rencontre entre le Premier ministre et le prince fait suite à une série de déclarations assez déplacée et pas vraiment sympathique pour sa famille et le gouvernement de son pays. Il y a eu d’une part une critique de la classe politique et la famille royale au lendemain des attentats de Bruxelles. Laurent avait déclaré qu’elles étaient bien à l’abri pendant que les citoyens vivaient dans la peur. D’autre part, en décembre, dernier, il a réitéré ses accusations, en prétendant qu’on l’empêchait de travailler à ses œuvres. Pour rappel, sur le même sujet en avril 2015, Laurent de Belgique avait comparé les rois Baudouin et Albert à la Stasi.
Du coup, le Premier ministre a rappelé le principe du « devoir de réserve » auquel les membres de la famille royale sont tenus en public. Il en a aussi profité pour s’attarder sur un second principe qui est l’obligation d’obtenir une autorisation du ministre des Affaires étrangères pour s’entretenir avec les autorités d’un pays étranger, chose qu’il n’a pas faite, en rencontrant le Premier ministre du Sri Lanka en octobre dernier.
Et pour bien se faire comprendre, Charles Michel a donc prévenu que le frère cadet du roi Philippe perdrait sa dotation d’État s’il venait à ne pas respecter ces principes, une nouvelle fois. On parle d’une somme de 308 000 euros qui lui sont alloués chaque année par le budget fédéral pour ses missions de représentations du pays. Cela peut faire réfléchir.
Où est le bon temps, où est le pays dans lequel une famille royale, une vraie, fait ce qu’elle veut sans avoir à rendre de compte.

Crédit photo : Freddy MORIS

 

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