Le sexisme se promène aussi sur YouTube

Le sexisme n’est pas simplement l’apanage des vieilles institutions, ou une espèce de vieux réflexe nauséabond dont on a du mal à se défaire. Même des concepts plus nouveaux comme YouTube, véhiculent un bon nombre de clichés. La représentation et la visibilité, en sont les révélateurs. Alors que la répartition des utilisateurs fait état de 54 % d’homme pour 46 % de femmes, elles ne sont au total qu’une dizaine dans le top 100.

La France n’échappe pas aux clichés, et après Cyprien, Norman, Rémi Gaillard ou encore Mister V. Il faut arriver à la 9e place pour retrouver Natoo, la première youtubeuse, qui demeure bien isolée. La très populaire Enjoy Phoenix n’arrive qu’en 17 e position.

Ce n’est pas simplement sur la quantité que le bât blesse, mais une petite attention fait vite remarquer que le contenu des vidéos est aussi hélas d’un classicisme navrant. C’est une nouvelle preuve, que la liberté n’est utile que si l’on sait s’en servir. YouTube, sensé être un nouvel espace de création sans contrainte s’empresse de reproduire les pires schémas sociaux standards.

Aux filles, on ne réserve presque exclusivement que le maquillage, la beauté, bref des trucs de filles. Il ne faut pas se méprendre, il ne s’agit de dénigrer le sérieux et l’à-propos de ces jeunes femmes, ni de l’importance des sujets des magazines féminins. Parler de make-up n’est pas moins noble que de parler de football par exemple. Plus gênant, est de considérer que les filles ne peuvent pas avoir un avis pertinent dans des domaines plus généralistes comme la tech, des sujets scientifiques ou de l’humour qui reste perçu comme masculin. Plus gênant aussi, le fait que ces personnes sortent souvent du cadre du simple maquillage par exemple, et deviennent pour des jeunes ados des grandes sœurs, et des modèles qui hélas ne vont pas les aider à voir plus loin, plus haut, plus fort.

On l’aura bien compris, rien de neuf du côté du déséquilibre homme/femme dans le monde du numérique, que les contraintes économiques obligent le plus souvent, à adopter la tendance générale plutôt qu’à la bousculer. Un geek, c’est masculin et cela n’a toujours pas d’équivalent féminin.

Crédit photo : TohruOtanashi

 

 

 

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