Ahed Tamimi 17 ans, écope de huit mois de prison par un tribunal militaire israélien

Elle s’appelle Ahed Tamimi, elle a 17 ans et avec une vidéo la montrant frappant des soldats en Cisjordanie, elle est devenue pour les Palestiniens une icône de la lutte contre l’occupation israélienne. La suite se déroule par contre loin d’internet. C’est le retour dans les méandres de la justice israélienne, qui n’est évidemment pas tendre pour la jeune fille. Elle vient d’être condamnée à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien.

Le contexte ne joue pas en faveur de la jeune fille, car elle fait partie d’une famille connue pour sa lutte contre l’occupation israélienne. C’est d’ailleurs avec sa mère Narimane et sa cousine Nour, que la vidéo du 15 décembre a été tournée. Cet incident était survenu en pleine vague de protestations contre la décision unilatérale du président américain Donald Trump, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, alors que l’ONU prône une discussion entre Palestiniens et Israéliens pour établir le statut de cette ville disputée.

Si Ahed Tamimi, a qualifié le tribunal militaire « d’illégitime », ajoutant, « il n’y a pas de justice dans un système d’occupation », elle a tout de même passé un accord avec le procureur. La jeune femme, a accepté de plaider coupable pour quatre des 12 charges retenues contre elle, dont « agression, « incitation à la violence, et obstruction à la mission des soldats », selon son avocate, Me Gaby Lasky.

Les raisons pour lesquelles, elle a fini par plaider coupable, ont été dévoilé par son avocate, qui indique, « quand ils ont décidé de maintenir le huis clos, nous avons compris que ce ne serait pas un procès équitable« . Les défenseurs d’Ahed Tamimi souhaitaient des audiences publiques, mais le huis-clos a été maintenu sous prétexte que la jeune fille était mineure. Ahed Tamimi, est en détention préventive depuis des mois. Elle écope également d’une amende de 5 000 shekels (1 166 euros).

Une autre raison de ce choix, se retrouve aussi peut-être dans le sort de la mère, et de la cousine d’Ahed Tamimi condamnées respectivement à huit mois de prison et 6 000 shekels (1 400 euros) d’amende, en vertu d’un accord avec le procureur et 16 jours de prison déjà couverts par sa détention préventive, et 2 000 shekels (470 euros) d’amende pour « agression » contre un soldat israélien.

Il est à noter, qu’à l’occasion, la Convention internationale des droits de l’enfant, stipule que l’emprisonnement d’un enfant doit être une mesure de « dernier ressort » et « aussi brève que possible ». De son côté, Amnesty International en profite pour rappeler que 350 enfants palestiniens sont détenus par Israël.

Les agissements ainsi que le procès d’Ahed Tamimi, font largement débats et polémiques, que ce soit du côté palestinien ou israélien. Les premiers y voient un exemple de courage face à l’occupation des territoires palestiniens par l’État Hébreu, et les autres une utilisation sans scrupules d’une enfant pour mettre plus d’émotion et d’empathie pour des agissements violents de provocation.

Crédit photo : activestills

 

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