Sélection du Festival de Cannes : le film Rafiki est interdit dans son pays

L’adage dit, que « nul n’est prophète en son pays », il correspond exactement à la destinée du film Rafiki de la réalisatrice Wanuri Kahiu. Celui-ci, va avoir la particularité d’être tout à la fois, le premier film kényan à figurer dans la sélection du Festival de Cannes, mais aussi être interdit dans son pays. Si le film Rafiki, raconte une histoire d’amour entre deux personnes de clans politiques opposés, il a surtout la particularité, que ces deux personnes soient des femmes.
Voilà donc notre film, qui raconte l’histoire d’amour d’un couple de lesbiennes issues de clans politiques opposés au Kenya, en train de se balader sur la Croisette, faisant la fierté de certains Africains. Ceux-ci, s’étaient réjouis de la participation de Rafiki sur Twitter avec le mot-clé #YesWeCannes, reprenant le slogan de Barack Obama Yes we can, oui nous pouvons.
Cependant, au-delà de la qualité du film, il y a des sujets qui ne passent pas. Le gouvernement kényan a peur que le film fasse « la promotion du lesbianisme ». En effet, le titre du film « Rafiki » veut dire ami·e en swahili, parce qu’il est impossible pour les couples d’utiliser les termes, de conjoint, mari, femme ou partenaire. Cette situation n’est pas tolérable dans un pays, qui condamne les relations sexuelles entre hommes, de 14 ans de prison, et dont la loi ne concerne pas les femmes, tant le lesbianisme y est tout simplement impensable et considéré comme inexistant. Tous les films, et même les émissions évoquant de près, ou de loin le sujet LGBTI est censuré.
Certainement, c’est le succès du film, et l’image du pays qu’elle puisse donner, qui font peur ? A la base, la réalisatrice a obtenu toutes les autorisations nécessaires pour le tournage. Les censeurs, n’ont sans doute pas pris très au sérieux le script du film, ses chances de succès, et encore moins une participation au Festival de Cannes.
Cela renvoie directement à l’image standard, que véhicule le cinéma africain, et sa possibilité d’évoquer d’autres thèmes que ceux abordés de manière classique, mais devenue trop systématique comme la guerre, la pauvreté et le Sida. Wanuri Kahiu, écrit et réalise des histoires de science-fiction, elle défend le droit à l’imagination et de s’attaquer à tous les thèmes, pour les artistes africains. Il ne s’agit pas de minimiser ou d’évacuer les problèmes majeurs du continent, mais tout simplement de faire preuve d’émancipation, et d’évolution en se montrant capable de prendre part aux réflexions et interrogations du temps et participer aux mouvements artistiques mondiaux.
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