#MosqueMeToo, contre le harcèlement dans les lieux de culte musulmans

Beaucoup ont vu dans les mouvements sur les réseaux sociaux du type Twitter, comme # BalanceTonPorc et #MeToo, un phénomène de mode, sans grand lendemain. Il semblerait pourtant, que les choses perdurent et n’épargnent rien. Dernièrement, un hashtag #MosqueMeToo, a été créé, il permet de dénoncer le harcèlement sexuel dont les femmes disent avoir été victimes notamment lors du hadj, le pèlerinage religieux à La Mecque.

C’est une journaliste américano-égyptienne Mona Eltahawy qui en est l’origine. Au départ, elle a posté un tweet pour dénoncer sa propre expérience. Au fur et à mesure, les témoignages de femmes ayant subi des assauts pendant le pèlerinage ou dans d’autres lieux saints de l’Islam, se sont accumulés sur le fil. On y parle harcèlement, et même de viol pendant le hadji, le pèlerinage qui rassemble chaque année à La Mecque, en Arabie Saoudite, environ deux millions de pèlerins venus du monde entier. Parmi eux, un peu moins de 50 % de femmes.

Il s’agit aussi de mettre en évidence, le silence qui entoure tout cela. Aisha Sarwari, une éditorialiste féministe pakistanaise explique, « une de mes amies a été attrapée pendant le hadj, et quand elle s’est plainte, un autre pèlerin lui a dit de laisser tomber, les musulmanes, comme toutes les autres femmes, subissent des harcèlements, mais quand cela a lieu dans un cadre religieux, on leur demande de se taire au nom d’une cause plus grande. C’est à la fois injuste et oppressif« .

Comme on peut l’imaginer, ce type de démarche a suscité des réactions que l’on pourrait qualifier, de contrastées. C’est un éventail, qui va de la compréhension, du soutien d’un côté et de la colère, insultes, des accusations, et des mensonges de l’autre. Cependant, il est temps de faire la part des choses, celui qui fait du mal à l’Islam, n’est pas celle qui dénonce ces agissements, mais celui qui les fait.

L’onde de choc de tous ces mouvements féministes, est plus grande par rapport à ce que certains ont voulu voir, c’est peut-être tout simplement parce qu’elle correspond à un « trop-plein ». Il ne s’agit pas en fait de relater un changement de comportement, mais peut-être une sorte de remise à niveau. Il est faux de croire que jusqu’ici, les dénonciations ne se faisaient pas, ce qui a réellement changé, c’est la prise en compte de ces dénonciations.

La journaliste et productrice canadienne, Zarqa Nawaz, avait, elle aussi dénoncé des abus dans son livre « En riant sur tout le chemin de la mosquée« . Ce type de témoignages à l’époque, passait presque pour de l’anecdote, maintenant ce n’est plus le cas. Or jusqu’à aujourd’hui, leurs témoignages n’avaient pas trouvé d’écho, c’est chose faite.

Crédit photo :  Coulibaly Aladji

 

 

 

 

 

 

 

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