En Russie, une nouvelle loi n’en finit pas de faire de nombreux remous et pour cause, elle allège les peines pour les violences commises au sein de la famille. La raison principale invoquée par les députés, « préserver la tradition de l’autorité parentale ». Des associations s’insurgent.
La loi a été adoptée, fin janvier à la quasi-unanimité par les députés, et votée début février par les sénateurs. La loi allège les peines pour les violences commises au sein du cercle familial, commuant les deux ans de prison jusque-là encourus, en simple amende, sauf en cas de violences graves ou récidives. Elle a été promulguée mardi par Vladimir Poutine.
A l’origine de cette proposition, la députée ultra-conservatrice et présidente du comité sur la famille et les affaires féminines Yelena Mizulina, qui est une figure montante de la scène politique russe. Elle a déclaré à l’occasion, « dans la culture de la famille traditionnelle, les relations parents-enfants russes sont construites sur l’autorité de la puissance des parents. Les lois doivent soutenir cette tradition familiale ».
Cette loi suit la logique d’une autre loi promulguée en juillet 2016. Vladimir Poutine avait déjà dépénalisé les violences domestiques lors qu’aucune blessure corporelle n’est constatée.En son temps, Coluche aurait dit, « on n’a pas droit aux traces ».
Pourtant, en Russie, 36 000 femmes subissent quotidiennement des violences physiques conjugales. 26 000 enfants sont agressées par leurs parents et 40 % des crimes graves sont commis dans un contexte familial.
C’est pour cela, que cette manifestation a eu lieu, cependant, si elle avait été autorisée par les autorités, c’est à condition qu’elle se tienne dans un parc du nord de la capitale russe, à l’écart du centre-ville. Elle n’a rassemblé qu’à peine une centaine de personnes, mais cela n’a pas empêché l’avocate Marie Davtian de déclarer que « les violences domestiques sont un crime. Chacun a le droit d’être en sécurité, à être protégé par la loi. Nous allons nous battre pour que les violences domestiques soient toujours un crime ».
Pour sa part, Natalia Timofeïeva, une militante de l’association «Sœurs» qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles a fait part à l’AFP que « nous sommes venus pour affirmer notre droit à vivre sans violence, sans peur. Environ 40 % des affaires de violence ont lieu au sein de la famille, mais peu vont voir la police ».

Crédit photo : Papa_is_a_razzi

 

 

 

 

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