Sur son blog « les 400 culs », Agnès Giard se livre à de nombreuses chroniques sur la sexualité dans un style tout aussi sérieux que libéré. Dans l’un de ses derniers articles, elle cherche à comprendre pourquoi 70% des femmes ne jouissent que « rarement » ou « de temps en temps ». Et apparemment, il faudrait qu’on pense davantage à notre pomme, les filles.
Ce sont l’historien Yves Ferroul et l’écrivaine Elisa Brune, qui dans leur ouvrage » Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance » (édition Payot), ont soulevé le décalage pharamineux entre le plaisir de l’homme et de la femme lors des rapports sexuels. Ainsi, 70 % des femmes ne jouissent que « rarement » ou « de temps en temps ». Plus précisément, un tiers atteint l’orgasme“souvent ou toujours”, un tiers “environ une fois sur deux” et un tiers “rarement ou jamais”. Mais alors du côté de l’homme, c’est carrément l’inverse : il parvient toujours ou presque à jouir dans plus de neuf fois sur 10 !
Le plaisir de l’autre avant le sien
Selon Yves Ferroul et Elisa Brune, la femme chercherait plus à séduire qu’à s’envoyer en l’air. Plus sérieusement, la libido féminine mettrait le désir de l’autre avant son propre plaisir. Cela voudrait-il dire qu’il faut penser qu’à nos pommes ? Probably.
Mais qu’en est-il de la révolution sexuelle, des mœurs, de la libération de la femme, de l’explosion des ventes de sex toys et vibromasseurs sous prétexte que la femme pense désormais à son propre épanouissement et plaisir sexuels ? Pour Yves Ferroul, il n’en est rien : en dépit de cet avancement fulgurant en matière d’égalité des sexes, aucun progrès n’a permis de combler «le fossé entre les plaisir des hommes et le plaisir des femmes».
Elisa Brune, co-auteur du livre, explique cette inégalité par le fait que les femmes auraient été conditionnées à faire passer le plaisir de leur partenaire avant leur propre plaisir. Plus précisément: beaucoup de femmes sont plus excitées par l’idée de séduire que par celle d’avoir un orgasme. « Le biais de base, c’est que beaucoup de femmes n’ont pas d’abord le désir de jouir mais le désir d’être désirée. L’homme lui, cherche clairement sa jouissance, et cela passe par le stimulus du corps féminin – ce qui n’est pas du tout hétérocentré mais hétéroallumé. La femme a appris à valoriser son pouvoir d’allumage sur l’homme. C’est de cela que beaucoup jouissent le plus. Le plaisir et l’orgasme viennent en prime (quand ils viennent), et ils sont pour partie le produit de cette excitation que suscite le fait de plaire. Voilà comment la culture a structuré notre libido. Avec un détour par le regard de l’homme. Les femmes se regardent par les yeux de l’autre, raison pour laquelle elles ont tant de mal à s’abandonner au plaisir qui pourrait les faire grimacer. Je pense donc qu’il y a une composante trop narcissique dans la sexualité féminine, mais pas assez égoïste. »
Alors allez-y, ne pensez qu’à votre joli minois et lâchez vous !











