Le chirurgien esthétique : un médecin comme les autres ?

Le marché de la chirurgie esthétique n’en finit plus de croître alors même que de nombreux secteurs ont encore du mal à se sortir des méandres économiques de la crise. Si les patients célèbres attirent l’attention de tous les médias, les chirurgiens esthétiques sont quant à eux plus discrets et souffrent d’une image érodée depuis de nombreuses années. Loin des charlatans qui frappent dans le secteur, les chirurgiens esthétiques sont pourtant avant tout des médecins, aux diplômes nombreux et à l’éthique intacte.

21_DepartChirurgie_201103_GDes barrières morales

Plus de deux tiers des Français se disent prêts aujourd’hui à envisager une opération de chirurgie esthétique. Autrefois réservée aux plus fortunées, la chirurgie esthétique s’est démocratisée et les scandales d’hier ne l’empêchent pas aujourd’hui de prendre une place de plus en plus importante dans la société. Les patients, autrefois considérés comme superficiels et critiqués pour leur recours à cette pratique, sont désormais respectés et il est courant de voir des personnes revendiquer leur opération de chirurgie esthétique comme un acte pour se reconquérir soi-même et reprendre en main leur image afin qu’elle leur corresponde mieux. En parallèle, le métier de chirurgien esthétique souffre toujours de préjugés. Si le chirurgien cardiaque est souvent vu comme un héros, le chirurgien esthétique est représenté dans la conscience générale comme un médecin de seconde zone, à tort.

Parce qu’elle agit sur le physique, la chirurgie esthétique et plastique serait superficielle. En partant de ce constat, il est trop fréquemment oublié qu’agir sur le physique permet bien souvent d’agir également sur le mental. Qu’on le veuille ou non, le chirurgien esthétique sauve bel et bien des vies, non pas en enlevant des tumeurs, mais en permettant à certaines personnes de vivre en accord avec elle-même. Un bien-être intérieur qui passe par l’acceptation de soi et donc de son physique. Pour Paul Tessier, chirurgien esthétique reconnu pour ses avancées en chirurgie cranofaciale, opérer le visage d’une personne victime de grandes brulures et lifter les paupières d’une personne n’est pas antinomique. « Dans un cas, c’est ouvrir la vie sociale à des gens qui en étaient écartés par une apparence monstrueuse, dans l’autre, c’est donner un peu plus d’assurance à des personnes qui en ont besoin pour mieux vivre dans leurs milieux. Je n’y vois aucune différence de degrés » précisait-il, tentant de redorer le blason de sa profession dans les années 2000.

Des docteurs en médecine spécialisés

Si la profession souffre de tant de préjugés, c’est sans nul doute lié aux scandales et aux ratés fortement relayés par la presse. Ceux-ci ne sont pourtant pas si courants et bien souvent du fait de personnes non spécialisées qui se découvrent chirurgiens esthétiques du jour au lendemain. N’est pourtant pas chirurgien esthétique et plastique qui veut. La Sofcep (Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens) précise en effet qu’un chirurgien esthétique plasticien doit avoir 14 années d’études post-bac derrière lui. Un diplôme de docteur en médecine et au moins 5 ans de spécialisation en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique sont nécessaires.

Le fondateur de la Sofcep, Jacques Ohana, également directeur de la clinique Montaigne à Paris, a été Interne des Hôpitaux en 1975 après ses études au centre hospitalo-universitaire Saint-Antoine de Paris. Il a ensuite fait un service militaire à l’hôpital chirurgical de Clarac pendant deux ans. Après 6 ans d’internat hospitalier, il devient Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux de Paris en 1983 et obtient la médaille d’argent pour sa thèse de Doctorat en Médecine. Qualifié en chirurgie générale en 1983, il ne se spécialisera en chirurgie plastique et esthétique qu’en 1984, après déjà plus de 10 ans d’études. Un parcours exemplaire qu’ont également suivi de nombreux autres chirurgiens esthétiques, loin des charlatans qui font les Unes des journaux. La chirurgienne Elisabeth Amar par exemple, connue pour sa clinique à Marseille, a fait ses études de médecin de 1988 à 1994 à la Faculté de Marseille et a suivi 8 ans de formation en Chirurgie Plastique Réparatrice et Esthétique. En parallèle, elle s’est également engagée au Centre Anti-cancéreux de Marseille de 2002 à 2010 avant d’ouvrir son cabinet privé. Véritable preuve des compétences multiples que peuvent posséder certains, les parcours d’Elsabeth Amar et autres Jacques Ohana, montrent que le chirurgien esthétique ne se contente pas d’être un médecin comme les autres, il est en définitive un médecin d’autant plus spécialisé.

Là où la polémique demeure finalement, c’est dans l’effet d’annonce de certains « chirurgiens esthétiques », sans formation, qui profitent d’un flou juridique à ce niveau pour opérer des patients et bien souvent, les « charcuter ». C’est aux patients potentiels de se renseigner, sans oublier que la publicité est strictement interdite dans ce milieu et qu’il est préférable de se fier au bouche-à-oreille de personnes de confiance, les forums et autres sites comparatifs n’étant pas non plus exempts de publicités cachées.

1 commentaire
  1. Je dirais d’abord que oui le chirurgien esthétique est un médecin comme un autre dans la mesure où son diagnostic et son acte médical ( en l’occurrence l’intervention chirurgicale) obéissent à des règles scientifiques bâties à la fois sur des connaissances anatomiques et un savoir-faire technique.
    En revanche, ce qui n’est pas vrai,c’est de penser que le succès croissant de la chirurgie plastique autorise n’importe quel médecin à la pratiquer. Je rappelle que la pratique de la chirurgie réparatrice, plastique et esthétique fait l’objet d’une certification et d’une autorisation d’exercice.

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