Sport en entreprise : SFAM et Schneider Electric investissent le terrain

Bon pour la santé, le moral et la productivité des salariés… le sport en entreprise a tout pour plaire. Les employeurs comme SFAM, Schneider Electric ou encore la Polyclinique de Limoges surfent sur la vague. Un enjeu de santé, de cohésion d’équipe mais aussi d’attractivité pour ces structures.

sport-entreprise-métropolitaineLes études se suivent et les résultats se ressemblent. Un salarié pratiquant au moins 30 minutes d’activité physique par jour verrait sa productivité augmenter de 12 % par rapport à ses collègues sédentaires, selon une enquête réalisée par Santé Canada. Le salarié sportif pourrait même gagner jusqu’à 3 ans d’espérance de vie. Et permettre à son entreprise d’économiser chaque année 7 à 9% sur ses frais de santé.

Des résultats confortés par une étude de l’Albert Center for Active Living. Selon cette enquête, un salarié actif prendrait 27 % de congés maladie en moins. Autant de bénéfices qui conduisent les employeurs à encourager la pratique d’une activité physique et sportive au sein même de l’entreprise. D’autant que d’après une autre étude, réalisée par Décathlon, 23 % des salariés estiment que la pratique du sport dans le cadre du travail améliore leur qualité de vie.

Les entreprises ont tout intérêt à se pencher sur la question. Selon Décathlon, celles qui offrent la possibilité de faire du sport bénéficient d’une bonne image auprès des salariés, qui leur attribuent une note moyenne de 7,7 sur 10. Ces entreprises sont perçues comme « soucieuses de la santé des salariés », « modernes » et « innovantes ». Un gage d’attractivité donc, tout autant que de fidélisation : « 57 % des salariés auraient envie de rester dans une entreprise qui leur propose une activité physique. Un chiffre qui monte à 67 % chez les plus jeunes, les “millenials” » d’après une enquête de la BBC.

Si selon cette même enquête, plus de huit dirigeants sur dix n’ont pas encore franchi le pas, certaines entreprises se sont pleinement saisi de la tendance.

Salle de sport pour les soignants, football chez SFAM

A la Polyclinique de Limoges, qui compte un pôle dédié à la médecine du sport et organise de nombreux événements pour améliorer la qualité de vie au travail, une salle de sport a été aménagée. A côté d’un espace de massage et de sophrologie. « On part du principe que si les salariés vont bien, ils soigneront mieux », affirme Béatrice Schmitt, DRH de l’établissement. En favorisant la détente et l’évacuation du stress, le sport contribuerait à détendre des équipes par ailleurs très sollicitées au quotidien.

Pour d’autres entreprises, capitaliser sur le sport est aussi une façon concrète de faire vivre leurs valeurs. La SFAM, leader européen de l’assurance mobile et multimédia, mise notamment sur le football pour “renforcer l’esprit d’équipe, le respect et la solidarité”. Les salariés qui le souhaitent peuvent s’adonner à la pratique du ballon rond dans le cadre de l’Association Sportive SFAM créée en 2017. L’AS SFAM compte à ce jour 30 licenciés : autant d’ambassadeurs qui renforcent l’implication locale de l’entreprise sur les terrains départementaux.

Souder ses équipes

Si le sport est bon pour la santé des salariés, il serait également un levier de motivation et de cohésion. « En centrant le climat motivationnel autour de l’effort, la persévérance, l’entraide et la solidarité plutôt que sur l’ego, l’effet est bénéfique sur le mental des équipes », explique Emilie Thienot, docteur en psychologie du sport et membre de la Société française de psychologie du sport.

C’est dans cet esprit que l’agence nantaise de Schneider Electric a encouragé ses salariés à participer au triathlon international de Saint-Jean-de-Monts (Vendée), en juin. Les participants ont pu bénéficier d’une préparation de quatre mois incluant des entraînements sur leur site de travail durant la pause déjeuner et des mini-stages à Cordemais (Loire-Atlantique). « J’avais envie de dynamiser un peu cette agence à travers d’autres vecteurs que ceux du travail, faire en sorte qu’une alchimie se crée entre nous », confiait ainsi à Ouest-France Marc Mercier, directeur régional des services informatiques.

Pour veiller à ce que le sport en entreprise soit avant tout un instrument au service du bien-être, il doit rester une option pour le salarié. « Tant que la proposition reste un service, tout va bien. Le risque, c’est que l’activité physique soit instrumentalisée. Qu’elle devienne un moyen de se faire bien voir pour certains employés. Ou encore que le sport soit quasiment imposé », prévient le sociologue Lilian Pichot.

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