Emprisonnée, Rokia Traoré réclame la garde de sa fille

Arrêtée à Roissy à sa descente d’avion en provenance de Bamako, la chanteuse Rokia Traoré a été incarcérée à Fleury Mérogis, en vertu d’un mandat d’arrêt belge. Elle est accusée d’avoir enlevée et séquestrée sa fille : son père en a la garde exclusive, mais la chanteuse l’accuse d’attouchements sexuels. Rokia Traoré a entamé une grève de la fin.

Mardi 10 mars 2020, la chanteuse malienne Rokia Traoré descend d’un avion en provenance de Bamako, à Roissy. Elle est immédiatement arrêtée par les forces de l’ordre françaises. La chanteuse est en effet visée par un mandat d’arrêt international demandé par la justice belge, pour avoir enlevé, séquestré et pris en otage sa fille de cinq ans.

«Je n’ai pas accepté la décision de la justice belge, qui ignore complètement mes droits et ceux de mes enfants»

Fin 2019, le tribunal de première instance de Bruxelles a en effet décidé de confier «la garde exclusive» de l’enfant à son père, le dramaturge belge Jan Goossens, dont Rokia Traoré est séparé et qui vit à Marseille. Mais la chanteuse accuse l’homme d’attouchements sexuels sur la petite fille, raison, selon elle, de leur séparation : «Je n’ai pas accepté la décision de la justice belge, qui ignore complètement mes droits et ceux de mes enfants», a déclaré Rokia Traoré.

Dès lors, la chanteuse a emmenée la petite fille avec elle à Bamako. Rokia Traoré a été arrêté alors qu’elle se rendait au procès en appel contre le jugement de garde de première instance. Elle a été incarcérée à Fleury-Merogis, où elle démarré une grève de la fin pour alerter sur son cas et «demander un procès équitable en Belgique».

Rokia Traoré entame une grève de la fin pour alerter sur son cas

Elle a reçu le soutien du Collectif des Mères veilleuses (Mères monoparentales de Belgique), qui a lancé une pétition pour exiger sa libération. Au samedi 14 mars, la pétition avait réuni 15 000 signatures.

Le texte attaque «les dysfonctionnements de la justice belge à l’égard des mères monoparentales». Le collectif exige que «le témoignage de la jeune fille puisse être appuyé par le diagnostic d’un expert pédopsychiatre spécialisé dans les cas d’inceste» et que «si les faits d’attouchements ont été prouvés, le père se voi[e] refuser toute autorité parentale».

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