Salon du chocolat à Paris : Dominique Nouvian Ouattara choisie comme marraine de l’évènement

Pour sa 25e édition, la grande messe cacaotée a mis l’accent sur les conditions de production et l’importance des agriculteurs et de leur juste rémunération. Pour porter ce message les organisateurs ont choisi Dominique Nouvian Ouattara, première Dame de Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao.

Défilés de robes en chocolat, démonstration de recettes par les plus grands chefs, expositions et œuvres en chocolat… Les amoureux de ce « cadeau de dieux » hérité des Mayas n’avaient que l’embarras du choix.

La 25e édition du Salon du chocolat a réuni plus de 500 participants venus de 60 pays. Les plus grands noms de la chocolaterie et de la pâtisserie ont partagé leurs trésors et secrets avec plus de 10 000 visiteurs, gourmands de tous âges et de toutes nationalités. Mais les producteurs ont également été mis à l’honneur cette année, comme le montre le choix des parrains de l’événement : les chefs pâtissiers français Philippe Conticini et Jean-Paul Hévin ont partagé cet honneur avec la première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Nouvian Ouattara.

« Cette année, nous avons voulu mettre l’accent sur l’importance des pays producteurs de cacao, qui [sont] tous présents, de la Côte d’Ivoire à l’Indonésie en passant par le Ghana ou l’Amérique du Sud », a indiqué à l’AFP Sylvie Douce, fondatrice et organisatrice du Salon. « Le fait d’inviter Mme Ouattara est symbolique, cela veut dire que les pays producteurs veulent exister et nous voulons montrer leur importance », a-t-elle ajouté.

Avec environ 40 % de la production mondiale, la Côte d’Ivoire est le premier producteur international de cacao. D’après les estimations de la Banque mondiale, l’« or brun » représente 10 % du PIB ivoirien et les deux tiers des emplois et des revenus de la population du pays.

Prix plancher

Ainsi, la présence du pays ouest-africain dans la grande messe cacaotée parisienne s’imposait. D’autant qu’il s’est entendu avec l’autre grand producteur international, le Ghana (30 % des parts du marché mondial), pour obtenir de meilleures conditions de vente. En juin dernier, les deux pays ont en effet suspendu plusieurs semaines la vente des récoltes 2020-2021 pour tenter d’imposer aux marchés et aux multinationales un prix minimum plus rémunérateur et moins lié à la volatilité des cours, qui ne soit pas en deçà de 2 600 dollars la tonne.

Si de nombreux géants du secteur, dont les suisses Nestlé et Barry Callebaut, ont accepté de participer au programme « différentiel de revenu décent », un mécanisme de soutien aux planteurs, « les prix restent encore trop bas pour avoir un niveau de vie convenable en Côte d’Ivoire », déplore Fatah Sadaoui de l’ONG SumOfUs.

D’où l’importance de la présence de Dominique Nouvian Ouattara, seule parmi les trois parrains du Salon à ne pas être un professionnel du chocolat, mais une femme issue de la société civile engagée pour l’amélioration des conditions de production et pour la juste rémunération des agriculteurs.

D’après un rapport récent de la Banque mondiale, 54,9 % des producteurs ivoiriens de cacao vivent avec moins de 757 francs CFA par jour (environ 1,15 euro), ce qui correspond au seuil de pauvreté fixé par les autorités du pays.

Children of Africa, la fondation de Dominique Nouvian Ouattara à l’honneur

Avec sa fondation Children of Africa, qui œuvre dans les domaines de la santé, de l’éducation et du social dans 11 pays d’Afrique, Dominique Nouvian Ouattara a choisi de s’attaquer à l’un des effets les plus préoccupants de cette précarité : selon l’Initiative internationale pour le cacao (ICI), une organisation créée par l’industrie du chocolat, quelque 1,2 million d’enfants ont été engagés dans la cacaoculture en Côte d’Ivoire en 2013-2014.

Or, « pour le bien-être et l’épanouissement de nos enfants, aucun sacrifice n’est trop grand », avait déclaré Mme Ouattara lors de l’inauguration, en juin 2018, du Centre de santé pour enfants en détresse de Soubré (sud-ouest ivoirien). Construit par la fondation Children of Africa, cet établissement souhaite « apporter une réponse adéquate à la question de l’absence de structure de transit et d’encadrement pour les enfants victimes de traite et d’exploitation en Côte d’Ivoire avant leur intégration dans leur famille d’origine ».

Il est vrai qu’un long chemin reste à parcourir afin de trouver le prix juste du cacao, les industriels mondiaux du chocolat ayant tendance à garder la valeur ajoutée pour eux. Mais l’engagement des pouvoirs publics et de la société civile commence à porter ses fruits. « Ce qui est en train de se passer est très intéressant, et constitue un moment important, car il s’agit d’une tentative de rééquilibrage du pouvoir dans la filière », a estimé Abel Fernandez, producteur de cacao en République dominicaine, à propos de la hausse du prix plancher obtenu en juin par la Côte d’Ivoire et le Ghana.

En nommant Dominique Nouvian Ouattara marraine de sa 25e édition, le Salon du chocolat fait également le choix d’attirer l’attention sur les producteurs et sur ceux qui œuvrent en leur défense. Les recettes de la soirée d’inauguration du Salon seront d’ailleurs versées à la fondation Children of Africa. Façon de montrer que les gourmands et les producteurs sont du même côté.

 

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