Désertons les réseaux sociaux… Au profit des blogs ?

La Ligue du LOL a révélé la face cruelle d’Internet, celle des réseaux sociaux où certains déversent leur haine sur des femmes, sans la moindre raison, pour « s’amuser ». Résultat : beaucoup d’entre nous ont désormais peur de s’exprimer sur ces plateformes. À tel point qu’un retour en masse vers les blogs et sites perso proposés par les Hubside, Webnode et Squarespace pourrait s’opérer.

Haine sur les réseaux

« Pendant plusieurs années sur Twitter, moi et d’autres copines féministes, on a été la cible de ces petits mecs parisiens qui se foutaient de notre gueule. J’étais grosse, donc je n’avais pas le droit à la parole », confiait l’auteure Daria Marx à Libération, le 8 février dernier, dans le cadre de l’affaire « La ligue du LOL ».

Et celle-ci de poursuivre : « un jour, j’ai eu le malheur de créer une cagnotte pour mon anniversaire, pour m’acheter un scooter. Cette cagnotte n’était pas publique, mais ils ont réussi à la trouver, à la faire tourner en insistant sur le fait qu’une grosse sur un scooter, c’était très drôle, en me traitant de mendiante. Ensuite, mon numéro de téléphone a été mis sur Leboncoin, avec une annonce de vente de scooter. Les gens m’appelaient et me demandaient si je vendais mon scooter, en m’appelant “Madame grosse”, le nom renseigné dans l’annonce ». Tout simplement écœurant.

Les membres de cette ligue ont « pourri la vie » de nombreuses femmes, allant jusqu’à en « terrifier » la plupart, qui avaient peur de les dénoncer. Plus triste encore, cette affaire n’est pas un cas isolé : d’après un rapport remis au secrétaire d’État au numérique d’alors, Mounir Mahjoubi, par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), 73 % des femmes seraient victimes de cyberharcèlement. Toujours selon l’institution, le cyberharcèlement n’épargnerait « aucune génération de femmes, puisqu’une fille de 12 à 15 ans sur 5 a déjà été insultée sur son apparence physique ».

Une batterie de tests réalisés par le HCE, en collaboration avec le collectif « Féministes contre le cyberharcèlement », a également permis de mettre en lumière que, en dépit de « l’affichage d’une volonté de lutter contre le sexisme », Facebook, Twitter et YouTube, n’en font (presque) rien : 92 % des contenus sexistes signalés par les deux entités sur ces trois plateformes n’ont pas été retirés par celles-ci. Facebook en a supprimé 13 %, Twitter 11 % et YouTube, zéro.

Hubside, Webnode et Squarespace, nouveaux « safe-space »

Des internautes en proie à la haine, des entreprises, pourtant responsables de la bonne utilisation de leurs outils, démissionnaires… Autant de raisons pour lesquelles plusieurs d’entre nous n’osent plus prendre la parole sur les réseaux sociaux. Mais plutôt que de s’y résigner, des solutions alternatives existent, parmi lesquelles, Hubside, Webnode ou encore Squarespace.

La première d’entre elles, Hubside, est un service particulièrement simple qui permet de créer son site Web en à peine quelques minutes, sans avoir besoin de compétences particulières. Si vous pouvez tout faire en ligne, Hubside propose également de vous accompagner pas à pas dans la création de votre site, grâce à une présence physique dans les magasins Fnac et Darty. Aussi facile que de créer son compte Facebook, Instagram ou Twitter, tout en évitant d’être la cible d’internautes malintentionnés puisque personne ne pourra vous contacter sauf si vous l’avez décidé.

Webnode propose un service similaire, en s’adressant à la fois aux particuliers et aux professionnels, là où Hubside s’adresse uniquement aux « passionnés désireux de partager leur rêve et leur histoire avec le plus grand nombre ». Autre différence, Webnode n’est accessible qu’en ligne. De son côté, Squarespace offre également aux internautes la possibilité de créer un blog facilement et rapidement, avec là aussi une présence uniquement en ligne.

Mais peu importe la solution, chacune d’entre elles fait aujourd’hui office de « safe space ». Fini les commentaires haineux et les messages privés obscènes. Avoir son blog, c’est avoir son espace où l’on peut s’exprimer, en toute sécurité.

Si le boom des réseaux sociaux a porté un coup très rude aux plateformes de blogs, la loi de la jungle qui règne sur ces espaces pourrait engendrer un retour vers celles-ci, notamment pour les femmes désireuses de partager leur passion, leurs humeurs, leurs coups de gueule, etc. sans pour autant être la cible de railleries d’internautes anonymes qui n’ont que la haine comme moteur.