Nouvelle agression transphobe en plein Paris

Dimanche 31 mars, Julia, jeune femme transgenre de 31 ans, s’est faite agressée à la sortie de la station de métro République, dans le 10ème arrondissement de Paris. L’acte de violence a eu lieu alors que le soleil commençait à peine à se coucher, en marge d’un rassemblement contre le président algérien Boutelfika. 

Après la très large diffusion des images rendues publiques par SOS Homophobie, Julia appelle à ne pas faire d’amalgames.

Ce dimanche 31 mars, un rassemblement contre le cinquième mandat du président algérien Abdelaziz Boutelfika, a lieu Place de la République. En marge de la manifestation et de ses participants, Julia, jeune femme transgenre de 31 ans, sort du métro République et commence à se faire alpaguer. Un témoin filme la scène de plus en plus violente.

Prise à partie par plusieurs manifestants, insultée, humiliée et agressée, la jeune femme tente de se défendre, seule. Jusqu’à l’arrivée d’agents de la sécurité de la RATP qui l’extirpent des coups de ses agresseurs. Pourtant l’un de ses « sauveurs » se permettra de lui conseiller de ne pas sortir « habillé comme ça », sans cesser de l’appeler « Monsieur ». Ce que Julia déplore comme une « maladresse »

Des agressions de plus en plus récurrentes

Malheureusement, ces agressions homophobes et transphobes, sont de plus en plus récurrentes.

Joël Deumier, président de SOS Homophobie, affirme que les actes transphobes déclarés ont augmenté de 53% en 2018.

Des chiffres en hausse, d’une part, parce que les transexuel-les sont de plus en plus nombreux à briser le silence : « Les plaintes déposées auprès des commissariats permettent de faire changer la peur de camp », rappelle Lyes Alouane, militant LGTBQI+ au sein de l’association StopHomophobie. D’autre part, parce qu’Internet et les réseaux sociaux sont le théâtre virtuel d’échanges écrits extrêmement violents, et parce qu’impunis, encouragent leurs auteurs à récidiver, voir à passer à l’acte au delà des écrans.

Ce climat de violence et de haine est alimenté, depuis quelques années, par les dérives homophobes du débat sur le mariage pour tous, mais aussi par la recrudescence de paroles transphobes dans le débat public, exprimées souvent sous forme « humoristique », par des élus ou des politiques. C’est une manière de légitimer ces violences et ces agressions.

Notons que 85% des personnes trans ont été agressées au moins une fois dans leur vie, rapporte une enquête publiée en 2014. Par ailleurs, le ministère de la Justice recense 50 condamnations en 2016, 31 en 2017 et 35 en 2017.

Cette fois, l’agression de Julia, dont les images ont été très largement diffusées sur les réseaux sociaux et les médias, et vues près de 1,6 millions de fois, a fait un véritable tollé sur la toile, provoquant une grande indignation au sein de différentes associations et chez certains élus.

Pas d’amalgame

Choquée, Julia n’en demeure pas moins raisonnée, appelant à éviter tout raccourci entre la communauté algérienne et ses agresseurs : « Il faudrait arrêter les amalgames. Ces personnes qui m’ont agressée sont des personnes ignorantes, et ça n’a rien à voir avec leurs croyances et le fait qu’ils soient algériens. », déclare-t-elle avant de conclure : « Arrêtez de tout stigmatiser et de tout mélanger ».

Une enquête a été ouverte lundi par le par le Parquet de Paris pour « violences aggravées par la circonstance qu’elles ont été commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ».

Une personne a été interpellée puis placée en garde à vue.