La première Biennale d’architecture et de paysage ouvre ses portes à Versailles

Du 4 mai au 13 juillet, six expositions et de nombreux événements mettent en avant les efforts des métropoles pour concilier développement urbain et environnement. Un événement à ne pas rater pour les amoureux d’architecture.

Entre l’urbanisme et l’écologie, un mariage de raison était inévitable. L’impérieuse nécessité de protéger l’environnement tout en relevant le défi de la démographie mondiale et son urbanisation a poussé les architectes du monde entier à multiplier les projets censés répondre aux défis humains et écologiques. Un sujet éminemment d’actualité qui est exposé et discuté en ce moment à Versailles, dans le cadre de la Biennale d’architecture et de paysage.

Une exposition passionnante, dans laquelle la région parisienne tient une place toute particulière. « En matière d’architecture, je suis sûr que la prochaine décennie sera parisienne », déclare ainsi Djamel Klouche, commissaire de l’exposition qui compte bien faire de Paris la vitrine d’une nouvelle manière de concevoir la ville.

C’est en effet l’ambitieux objectif de cet « événement majeur et fondateur pour la Région Île-de-France » qu’est, selon Valérie Pécresse, la BAP. La Biennale devrait en effet offrir à tous les Franciliens « l’opportunité de mettre en exergue de bonnes pratiques, en Île-de-France et à travers le monde, pour répondre aux défis climatiques et aux besoins de solutions innovantes qui construiront la ville de demain, autour de l’homme et de la nature ».

Pour les amateurs d’architecture et d’écologie, direction donc le RER C et la ville de Versailles. Six expositions sont présentées dans six lieux d’exception de l’ancienne ville royale. Outre l’exposition imaginée par Djamel Klouche et l’École nationale supérieure d’architecture dans la Petite Écurie du château, Alexandre Chemetoff et l’École nationale supérieure de paysage proposent dans le Potager du Roi « Le Goût du paysage », une exposition pour remettre la question « du sol, du vivant, de l’énergie et des usages de l’espace au cœur du débat ».

Dans le bâtiment de l’ancienne poste de Versailles, le pavillon « Horizon 2030 » a quant à lui été imaginé par des architectes, des paysagistes, des artistes, des scénographes et des designers afin de présenter les enjeux autour du Grand Paris Express.

« Échappées belles », « Versailles. Architectures rêvées 1660-1815 » et « Versailles ville nature » complètent la liste des expositions ouvertes au public du 4 mai au 13 juillet. Ce à quoi il convient d’ajouter un grand marché horticole éphémère en plein air, deux nouveaux bâtiments écologiques, une ferme urbaine, douze grands débats et une multitude de rencontres et d’événements.

Un bouquet d’événements et d’installations qui doit permettre d’alimenter les débats sur la place de l’environnement dans l’univers urbain et montrer qu’il est possible de « concilier la nature, l’homme et la ville » selon la formule du Maire de Versailles François de Mazières.

Europacity : comment allier la nature et la ville ?

La question de l’imbrication de la nature dans la ville est d’autant plus prégnante en Île-de-France qu’elle est au cœur des projets d’aménagement du Grand Paris. Certains, comme Europacity, misent justement sur le déploiement d’une multitude de dispositifs écologiques et environnementaux.

Porté notamment par le groupe Auchan, le projet prévoit le déploiement d’un véritable « quartier de loisirs » en 2024 dans le Val d’Oise, avec des établissements hôteliers, des restaurants, un musée et des magasins, le tout organisé autour d’un grand espace vert et d’une ferme urbaine. Europacity s’appuie aussi sur un modèle d’urbanisme intelligent, avec un système de circuits courts, de récupération des eaux et une autonomie énergétique basée sur des panneaux solaires et la géothermie.

Une montée en gamme écologique qui pourrait convaincre les opposants au projet, qui craignent les conséquences d’Europacity sur l’emploi dans les départements voisins. Un enjeu important, car la prise en compte des enjeux environnementaux dans certains projets d’infrastructures n’empêche pas les blocages et les polémiques.

« Une société vivante construit »

C’est en filigrane l’autre sujet de cette passionnante Biennale qui a ouvert ses portes à Versailles : comment l’Europe, attachée à la préservation de son patrimoine historique et de son patrimoine naturel, pourra-t-elle bâtir ses villes du futur, aussi écologiques soient-elles ? La multiplication des blocages et des polémiques autour de chaque grand projet d’infrastructure doit interroger nos propres sociétés sur leur capacité à oser innover en matière architecturale.

Lors de l’inauguration de l’événement, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a ainsi longuement insisté sur ce point : « Une société vivante construit, bâtit. Une société qui s’apprête à mourir n’a plus de projets » a déclaré ainsi l’ancien chef de l’État, en comparant notamment le dynamisme architectural en Asie et en Europe. Et le responsable politique à la retraite de prévenir : « Si la dernière association a le pouvoir d’empêcher de faire et si toute l’énergie d’un pays est mise à bloquer ce pays, l’architecture mourra ».

La Biennale d’architecture et de paysage de Versailles, qui fermera ses portes le 13 juillet prochain, est donc l’occasion de se pencher sur de profondes questions d’actualités qui mêlent architecture, écologie et politique. L’occasion d’une sortie intellectuelle, qui ne devrait pas laisser les visiteurs indifférents.

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