LVMH fait revivre la Samaritaine au cœur de Paris

« On trouve de tout à la Samaritaine » : slogan historique de l’un des plus anciens grands magasins de la capitale, cela faisait toutefois près de quinze ans que les Parisiens ne trouvaient plus à la Samaritaine que des ouvriers du bâtiment, des engins de chantiers et des sacs de graviers. Au fil des années, le destin de ce lieu emblématique de Paris est devenu un sujet d’interrogation au cours des balades sur le Pont-Neuf : « au fait, que va devenir la Samaritaine ? ». Mais on en sait désormais un peu plus sur l’avenir du superbe bâtiment qui veille sur les bords de Seine. Une renaissance, qui prolonge la Samaritaine « historique » dans le XXIe siècle.

On trouvera de tout à la Samaritaine

Quinze ans après sa fermeture, la Samaritaine rouvrira ses portes en avril 2020. Un bâtiment transformé en partie dans son contenu et dans sa forme : plus qu’une simple galerie marchande, ce grand magasin des temps modernes entend rassembler différents usages. Bureaux, magasins, hôtel de luxe, restaurants, crèches et même logements sociaux vont se côtoyer au cœur des 70 000 m2 de ce vaste complexe.

Plus que jamais, « on trouvera de tout à la Samaritaine ». Comme l’explique Jean-Jacques Guiony, Directeur financier de LVMH et PDG de la Samaritaine : « Ce sera un pôle d’attraction, mais c’est aussi un projet mixte et un programme vivant, car des gens vont habiter ici, sans compter la crèche ».

Côté style, le bâtiment a été restauré et transformé. En bord de Seine, c’est la construction Art Déco d’Henri Sauvage que l’on va pouvoir continuer à admirer et qui contrastera avec la façade ultra contemporaine, réalisée par le cabinet d’architecture japonais Sanaa côté rue de Rivoli.

Un chantier pharaonique à 750 millions d’euros

Imaginée par le leader mondial du luxe LVMH, la résurrection de la Samaritaine aura coûté quelque 750 millions d’euros de travaux et d’aménagements pour un chantier qui aura duré cinq années. De quoi ancrer ce grand magasin dans la stratégie de diversification dans le luxe « expérientiel » du groupe, déjà amorcée avec les ouvertures d’hôtels Cheval Blanc et le rachat l’année dernière du groupe Belmond (exploitant du mythique train Royal Simplon Orient Express).

Ainsi l’hôtel Cheval Blanc du complexe aura sa propre entrée côté Seine, totalement indépendante de celle du grand magasin. Déjà présents à Saint-Tropez, à Courchevel, aux Maldives et à Saint-Barth, les hôtels Cheval Blanc sont désormais une référence incontournable en ce qui concerne le luxe à la « LVMH ». Pour ce qui est de la Samaritaine, l’hôtel Cheval Blanc va se doter d’une piscine de 30 mètres de long, d’un spa Dior et d’un club de sport exclusif. Les plus chanceux pourront même réserver la suite de luxe installée au dernier étage : un appartement de 1000 mètres carrés en duplex avec piscine privative de 12 m de long. Le tout, last but not least, avec une vue sur Montmartre et Paris.

De nombreux emplois créés au cœur d’un quartier dynamique

En tout, 1500 emplois vont être créés avec l’arrivée de cette nouvelle Samaritaine : 800 pour le grand magasin, 300 pour l’hôtel et le reste pour les autres restaurants, la crèche ou encore la sécurité. De quoi faire bouger encore un peu plus un quartier déjà bien dynamique, au cœur de la capitale. Toujours selon les dires de Jean-Jacques Guiony : « C’est un quartier à deux pas de tout, auquel nous croyons beaucoup. L’hôtel est conçu comme une demeure privée. Il faut que les Parisiens s’approprient les lieux ». Enfin, une autre nouveauté sera proposée par la Samaritaine : le grand magasin devrait se doter, en plus des grandes marques de luxe françaises, d’autres petites marques, plus conceptuelles et avant-gardistes. De quoi attirer un public plus parisien et connaisseur, en plus des touristes bien évidemment.

Un grand magasin historique

À l’image du Printemps, du Bon Marché ou encore des Galeries Lafayette, la Samaritaine fait partie de ces grands magasins historiques de la capitale, que l’on prend plaisir à retrouver dans la littérature du XIXe siècle (beaucoup d’entre vous se souviennent du célèbre roman de Zola « Au Bonheur des Dames »). Seulement voilà, peu d’entre nous savent réellement qu’au départ, ce temple du shopping parisien n’était en réalité qu’une petite boutique de la rue de la Monnaie, ouverte par Ernest Cognacq en 1870 et qui s’appelait « À la Samaritaine ». Un clin d’œil à une sculpture emblématique du quartier – et aujourd’hui disparue – représentant le passage biblique de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine.

Le mariage d’Ernest Cognacq avec Marie-Louise Jaÿ, alors vendeuse au Bon Marché, l’aidera à faire grandir sa petite entreprise et le couple Cognacq-Jaÿ travaillera d’arrache-pied pour faire prospérer les affaires jusqu’à l’ouverture en 1900 des fameux Grands Magasins de La Samaritaine de style art nouveau, avec le succès que l’on connait.

Rendez-vous donc en avril 2020 pour assister à l’ouverture notre chère Samaritaine, qui nous avait tant manqué. Un petit moment historique dans le cœur de celles et ceux qui avaient tant regretté sa fermeture en 2005.

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