LVMH / Tiffany : les pourparlers reprennent… en vue d’un happy end ?

Alors que la Commission européenne vient de donner son go au mariage entre Tiffany et LVMH, les deux géants du luxe ont repris les négociations, afin de s’entendre sur un nouveau prix d’acquisition.

C’est un feuilleton qui a démarré en novembre 2019 lorsque le leader du luxe LVMH (Louis Vuitton, Dior, Moët & Chandon etc.), présidé par Bernard Arnault, décide d’acheter le mythique joailler new-yorkais Tiffany, pour la rondelette somme de 16 milliards de dollars. A l’époque, le Covid-19 n’existait pas (à notre connaissance), la marque iconique américaine pouvait encore se vanter de résultats tutoyant les sommets, et la presse bruissait d’un mariage exceptionnel entre deux groupes iconiques du secteur du luxe.

Crise sanitaire et erreurs de gestion de Tiffany

Mais au printemps, le cygne noir a déployé ses ailes et l’imprévisible crise sanitaire a agité le monde des affaires. LVMH, qui vient pourtant d’obtenir le feu vert de la Commission européenne pour racheter Tiffany – c’est-à-dire la dernière des 10 autorisations dont elle avait légalement besoin pour finaliser cette acquisition – déplore des erreurs de gestion du groupe américain lors de la crise sanitaire et des résultats insuffisants, évoquant « une chute des ventes de 45% lors du premier semestre aux Etats-Unis» et « et des pertes d’exploitation de 45 millions de dollars » sur la même période.

Dans le viseur notamment : avoir maintenu le même niveau de dividende et de rémunérations de la Direction au plus fort de la crise du printemps, alors que l’ensemble du secteur avait consenti à des « sacrifices ». Résultat : une chute spectaculaire de son chiffre d’affaires au premier et deuxième trimestre 2020.

Solution négociée sur le montant du rachat

Début septembre, LVMH déclare ne plus être en mesure de finaliser le rachat. Tiffany dépose une plainte au tribunal de l’Etat du Delaware aux Etats-Unis, et le leader français contre-attaque en faisant de même. Un procès de quatre jours devrait débuter le 5 janvier prochain. Mais entre-temps, les deux géants semblent avoir repris les négociations. Et la Commission européenne a donné son autorisation à LVMH de finaliser le rachat, en déclarant dans un communiqué que cette acquisition « ne soulèverait pas de problème de concurrence au regard des parts de marché modérées de l’entité combinée, de la présence d’un nombre important de fournisseurs tiers, et de l’entrée récente de plusieurs nouveaux concurrents ».

D’après la chaine américaine CNBC, des discussions seraient en cours afin de trouver une solution négociée au sujet du montant du rachat, qui pourrait se situer entre 131 et 134 dollars par action, contre 135 dollars avant la crise du coronavirus. A l’heure actuelle, les deux titres se portent plutôt bien en bourse. Dans le sillage de son point d’activité du trimestre, LVMH flambait à la Bourse de Paris la semaine dernière. De son côté, l’action Tiffany a gagné 5% à la bourse de New-York.