LVMH veille sur Paris

Entre la capitale française et le leader du luxe, c’est une véritable idylle qui se joue depuis de nombreuses années. Si la mode et le glamour associés à la ville de Paris rejaillissent indéniablement sur « l’image de marque » de LVMH, l’entreprise de Bernard Arnault est en retour particulièrement généreuse avec la Ville Lumière.

La mondialisation condamne-t-elle les grands groupes à se déraciner ? Pas forcément. De nombreuses grandes entreprises continuent d’entretenir un lien particulier à un territoire ou une ville. Une attache géographique et sentimentale, où se mêlent l’histoire de la marque, ses sources d’inspiration ou son passé industriel.

On pense évidemment aux groupes automobiles Fiat à Turin, Porsche à Stuttgart, Peugeot à Sochaux ou le géant italien de l’assurance Generali avec la ville de Trieste. Des entreprises et des villes qui partagent un même destin, les grands groupes participant au dynamisme économique, culturel ou sportif de la cité, le prestige et l’histoire de celle-ci rejaillissant sur la marque.

Ainsi, Trieste a largement profité ces dernières décennies du mécénat et de l’aide financière du Groupe Generali pour restaurer ses monuments, transformant la petite citée historique du Frioul en l’une des plus belles villes d’Italie du Nord. Dans un autre registre, difficile d’imaginer les clubs de foot de Turin ou Sochaux sans l’appui financier de Fiat et Peugeot, actionnaires historiques des deux équipes.

Mais qui est l’ange gardien de Paris ? La capitale française s’est bâtie une véritable réputation de référence dans l’univers de la mode depuis le 18e siècle. C’est donc en toute logique du côté des champions du secteur du luxe qu’il faut chercher, et le plus important d’entre eux, LVMH.

Le groupe de Bernard Arnault entretient en effet en toute discrétion un lien étroit et intense avec la Ville Lumière. Un enracinement qui va bien au-delà de la simple présence du siège social du groupe avenue Montaigne. Depuis de nombreuses années, l’entreprise investit dans une multitude de projets qui embellissent et enrichissent les moindres recoins de la capitale. Un pari gagnant, puisque le prestige et la réputation de Paris participent ainsi à l’image de marque du groupe LVMH.

Samaritaine, Tuileries, Notre Dame…

Le 26 février dernier, après avoir tenu son défilé au cœur du Jardin des Tuileries, la maison Dior, membre de la galaxie LVMH, annonçait un partenariat inédit entre la marque de luxe et le Musée du Louvre. Bâtis en 1564 sous Catherine de Médicis, puis redessinés par André le nôtre en 1664, les Jardins des Tuileries sont désormais inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais ces dernières années, ils ont quelque peu perdu de leur splendeur faute de moyens pour le Musée du Louvre, qui a la lourde charge d’entretenir ce parc de 25 hectares.

Dior a ainsi annoncé sa volonté de participer au réaménagement des Jardins des Tuileries, en finançant l’entretien et l’implantation de nouvelles essences et de nouvelles espèces végétales.

Une modeste action de mécénat à l’échelle de la capitale, mais qui s’inscrit dans la vaste politique d’embellissement de la ville de Paris entreprise par LVMH. Une démarche qui commence dès 2006, avec l’inauguration de la Fondation Louis Vuitton au nord du Bois de Boulogne. Un écrin de verre signé Frank Gehry, devenu depuis l’un des plus beaux musées parisiens.

Depuis, le groupe de Bernard Arnault a multiplié les projets dans Paris : LVMH a ainsi entièrement rénové l’emblématique bâtiment de la Samaritaine, splendeur art déco qui tombait en ruine sur les bords de Seine depuis presque quinze ans et qui rouvrira finalement ses portes en avril 2020 après 750 millions d’euros de travaux investis par le groupe.

En juin dernier, le groupe de Luxe a annoncé son intention d’ouvrir une nouvelle grande librairie dans la capitale, dédiée aux créateurs de luxe et à la ville de Paris. Dans le même esprit, LVMH est devenu le premier donateur privé pour la rénovation de la cathédrale Notre-Dame, à hauteur de 200 millions d’euros.

L’ensemble de cette politique de mécénat et d’investissements déployée par LVMH aux quatre coins de la capitale ces dernières années répond évidemment, en partie, à des intérêts économiques : en embellissant la ville de Paris, le groupe de Bernard Arnault soigne la première de ses ambassadrices. Une logique de cercle vertueux, qui profite tant à l’image de la marque qu’à tous les habitants de la capitale.