LVMH, France Télévisions… : zoom sur les politiques de lutte contre les discriminations dans le monde du travail

Alors que vient de s’achever le « mois des fiertés » gaies, lesbiennes et trans, retour sur les politiques de lutte contre les discriminations touchant les personnes LGBT+ mises en place au sein des grandes entreprises. L’occasion de relever que si, à la faveur de groupes visionnaires comme LVMH, la situation évolue positivement, il reste dans le monde du travail encore beaucoup de chemin à parcourir pour plus d’inclusivité.

Plus de sept personnes LGBT+ sur dix (73%) éviteraient de parler de leur vie privée et de leur orientation sexuelle sur leur lieu de travail, selon une étude réalisée en 2017 par l’Ifop. Et 14% d’entre elles seraient même désireuses de se rendre « invisibles », allant jusqu’à laisser penser auprès de leurs collègues et supérieurs qu’ils seraient hétérosexuels. Une invisibilisation dans le monde du travail qui reflète, en France, un contexte inquiétant, marqué en 2018 par une hausse spectaculaire des agressions physiques et verbales à l’encontre des personnes LGBT, comme l’a révélé le 23e rapport de l’association SOS Homophobie, publié le 14 mai dernier. Conscientes que ces problématiques nuisent tant à leur attractivité qu’à leur performance globale, de plus en plus d’entreprises se saisissent de ces enjeux.

LVMH, pionnier de la lutte contre les discriminations au travail

A l’image de LVMH, le numéro un mondial du luxe. Alors qu’à New York la traditionnelle « Pride » a rassemblé, le dimanche 30 juin, quelque 4 millions de manifestants célébrant dans la musique et les paillettes le cinquantenaire des émeutes de Stonewall, le siège new-yorkais du groupe a été le théâtre, quelques jours plus tôt, d’un événement important pour l’amélioration des droits des personnes LGBT : la signature officielle par les maisons américaines de LVMH – Belvedere, Benefit, Fresh, Kendo, Marc Jacobs et Startboard – du Code de conduite de l’ONU contre les discriminations à l’égard des personnes LGBT+. Comme le rapporte la journaliste Bridget Foley, du Women’s Wear Daily, plus de 200 employés du groupe de luxe – des PDG de marques aux assistants – avaient répondu présents lors de cette journée placée sous le signe de la tolérance, de la pédagogie et de la sensibilisation. 

« Si nous développons une culture (d’entreprise) dans laquelle les personnes se sentent respectées, comprises et valorisées pour ce qu’elles sont, (…) nous pouvons capitaliser sur leurs différences (…). C’est la recette du succès », s’est à cette occasion félicitée Chantal Gaemperle, vice-présidente exécutive en charge des ressources humaines et des synergies de LVMH. « Dans ce contexte (politique américain) incroyablement polarisé, nous avons tous, en tant que dirigeants, un choix important à faire », a de son coté renchéri Anish Melxwani, président de LVMH Inc., la filiale nord-américaine du groupe de luxe. « Les employés qui pensent ne pas pouvoir être eux-mêmes au travail (…) ne participent pas pleinement au sein de leur équipe. Il est donc essentiel de promouvoir la diversité et l’inclusion sur le lieu de travail », a encore ajouté le dirigeant. 

La journée s’est notamment poursuivie autour de deux tables rondes thématiques, les employés LGBT présents étant invités à partager leur expérience. Mme Gaemperle a déclaré espérer que les 200 salariés assistant à l’évènement – « une goutte d’eau dans l’océan » LVMH, selon elle – partageraient ces histoires de retour sur leur lieu de travail : « vous ne pouvez pas organiser un événement comme celui-ci et ne pas proposer (ensuite d’adopter) de bonnes pratiques (…) dans (vos) actions quotidiennes », a-t-elle encore estimé. Des efforts que le groupe a entrepris voilà plus de dix ans déjà, en adoptant un premier code spécifique en 2009, révisé en 2017, appelant « à lutter contre toutes les formes de discrimination sur le lieu de travail y compris l’orientation sexuelle » et l’identité de genre ou proposant, depuis 2011, des formations anti-discrimination à ses recruteurs RH.

Politique LGBT, les entreprises s’engagent

A l’instar de LVMH, de plus en plus de marques et de sociétés intègrent la diversité et l’inclusivité au sein de leurs stratégies. C’est le cas, notamment, de France Télévisions, où quatre salariés ont créé, en plein mois des fiertés, « France.tv pour tou.te.s », une association visant à mieux inclure les salariés gays, trans ou lesbiennes dans le groupe public. L’objectif : briser le « mythe du grand reporter viril », selon l’un de ses fondateurs. Un pari en partie réussi, Frédérique-Marie Lamouret, directrice de la stratégie numérique de France 3 et co-fondatrice de France.tv pour tou.te.s, s’étant vue décerner le prix de « Rôles Modèles LGBT+ » dans la catégorie « dirigeant.e.s » par l’association « L’Autre Cercle », qui milite pour un monde professionnel plus inclusif. L’Autre Cercle, qui est également à l’origine d’une charte d’engagement signée par 120 employeurs en France, a ainsi organisé le 16 mai dernier une cérémonie récompensant les soixante entreprises et personnalités du monde du travail les plus engagés pour la cause LGBT. « La preuve, par l’exemple, qu’il n’est pas nécessaire de cacher son homosexualité ou sa transidentité pour occuper des postes de premier plan », se félicite Christophe Berthier, président de l’Autre Cercle.

 

 

 

 

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