En Grande-Bretagne, plus de fille aux seins nus en page 3 du “Daily Star”

Comme les diamants, certaines choses semblent éternelles. En Grande-Bretagne, c’est la royauté, le Fish and Chips, et pour les bons machos, c’était la fille aux seins nus en page 3 du Daily Star. Celui-ci, était le dernier journal anglais à continuer cette pratique, car de son côté, le “Sun” avait cessé, il y a 3 ans. Certains seront empreints de nostalgie et d’autres y verront la fin d’une pratique ridicule et dégradante pour l’image de la femme.

Les plus pragmatiques verront surtout dans cette démarche, le fait que maintenant une femme avec des seins nus ne surprend personne. De plus, tant qu’à le faire, autant l’habiller sexy avec une marque et l’inclure dans une belle publicité. Ainsi, la page 3 pourra devenir particulièrement lucrative pour le journal.

Pourtant, il y a 3 ans le “Daily Star” s’était positionné, comme le dernier résistant de la tradition macho, et comme on dit maintenant, socialement incorrect. Il continuait ainsi à maintenir son image populiste de “tabloïd” qui se fout de la bienséance. Le “Daily Star”, justifiait à l’époque sa décision de persévérer avec sa page 3 en argumentant, que cela égayait la journée de ses lecteurs. Son propriétaire d’alors, Richard Desmond expliquait sans broncher, ni sourire “nous allons continuer à écouter ce que nos lecteurs veulent et à leur donner le sourire avec nos jolies jeunes filles brillantes, talentueuses et indépendantes“.

La petite toute petite histoire de la presse britannique, retiendra que le 1er avril dernier, la photo d’Ellie 23 ans, du Hertfordshire, pourrait bien être la dernière d’une fille aux seins nus en page 3 du “Daily Star”. Elle met fin à une longue liste de ces jeunes femmes au physique intelligent et à la poitrine qui donne envie de vivre.

Cette vision de la femme a été introduite en Grande-Bretagne en 1970 par Rupert Murdoch et Larry Lamb lorsqu’ils ont transformé le “Sun” en tabloïd. Cette pratique a permis de révéler des artistes qui ont bouleversé le monde de la chanson comme Samantha Fox ou le mannequin et chanteuse Katie Price. Elles ont acquis leur première célébrité en y dévoilant tout leur talent.

Puis, les esprits chagrins s’en sont mêlés et en août 2012, débutait une campagne appelée “No More page 3” (plus jamais de page 3). A partir de là, si Dieu peut garder la reine, il n’a rien pu faire contre la horde des moralistes, et des féministes. Une pétition lancée, il y a quelques années contre le Sun et un mouvement de boycott de 30 universités britanniques ont eu raison d’un pan de la culture underground anglaise.

Après le Brexit qui n’en finit pas, on se dit qu’il y a vraiment des années maudites.

Crédit photo : hat-trick design

 

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