Women on Waves est une association néerlandaise visant à aider les femmes à avorter. Elle utilise un bateau pour accueillir les femmes désireuses d’utiliser leur service. Celui-ci a été arraisonné dans un port au Guatemala.
Petit retour sur l’activité précise du bateau de cette association qui défend l’idée que les femmes doivent avoir le contrôle de leur grossesse et de leur fertilité. Ils sont installés à bord d’un navire, équipé comme une sorte de clinique mobile pour se rapprocher des pays où l’avortement est interdit ou limité par la loi. L’association propose uniquement et gratuitement des avortements non-chirurgicaux à des femmes enceintes de moins de 10 semaines.
Le bateau emmène ces femmes dans les eaux internationales, où les lois des pays visités ne s’appliquent pas. Les patientes prennent alors une pilule abortive, puis restent sur le bateau, quelques heures avant d’être rapatriées.
On imagine aisément, que ce type de bateau, n’est pas le bienvenu partout. En 2012, ce dernier s’était vu refuser l’entrée dans le port de Smir au Maroc. Cet incident avait entraîné une véritable crise et la parlementaire néerlandaise Liesbeth van Tongeren s’était rendue sur place, car l’avortement est interdit au Maroc et passible d’une peine de prison.
« Ça n’a rien à voir avec la religion », avait déclaré Rebecca Gomperts, gynécologue et fondatrice de Women on Waves, ajoutant que l’initiative n’était pas de « provoquer le Maroc ». Auparavant, l’association avait également mené des actions similaires au large de l’Irlande (2001) où les lois n’autorisent l’avortement que si cela présente des risques vitaux pour les femmes. Si elles le font illégalement, elles sont passibles de 14 ans d’emprisonnement, voire de la prison à vie.
L’association a aussi mené des actions en Pologne (2003), au Portugal (2004) ou encore en Espagne (2008).
Cette fois, le choix s’est porté sur le Guatemala, « parce que les lois sont très restrictives en matière d’avortement », a déclaré Quetzali Cerezo, directrice de l’association Women in Equity au Guatemala, qui aide Women on Waves. Dans ce pays, l’influence de l’Eglise catholique et évangélique est encore très forte. L’avortement est uniquement autorisé si le pronostic vital de la mère est en danger.
L’association a qualifié cette intervention de « grave violation de la Convention des Nations unies sur les droits de la mère et de la liberté d’expression », en ajoutant qu’elle avait respecté toutes les règles juridiques. De son côté, l’armée guatémaltèque a arraisonné le navire néerlandais, et a affirmé qu’il n’avait « aucun fondement juridique ».
L’association n’est pas à court d’idées, car elle a également développé une nouvelle forme d’intervention qui consiste à lancer des pilules abortives à l’aide de drones. En juin 2015, cette opération a été réalisée en Pologne, qui fait partie des derniers pays de l’Union européenne à interdire l’IVG. Elle a été renouvelée un an plus tard en Irlande du Nord

Crédit photo : Paul Thielen

 

 

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