La dermatophilose, une nouvelle IST venue du monde animal ?

Des cas de dermatophilose, une infection bactérienne habituellement observée chez les animaux, ont été identifiés chez des hommes en France et en Espagne ces derniers mois. Ces individus n’ont eu aucun contact avec des animaux, mais fréquentaient des lieux spécifiques, comme des saunas gays. Ce qui laisse penser que la « gale de boue » peut désormais se transmettre via des rapports sexuels.

Une nouvelle infection sexuellement transmissible ? La dermatophilose, une infection bactérienne habituellement observée chez les animaux, a été identifié chez des hommes en France et en Espagne. En un an, une quarantaine de cas ont été recensés en Hexagone, principalement à Lyon et à Paris. Ces individus n’ont eu aucun contact avec des chevaux, des vaches ou d’autres animaux habituellement porteurs de la bactérie. Mais ils fréquentaient des lieux spécifiques comme des saunas gays. Cette information suggère une transmission lors de contacts sexuels rapprochés.

La dermatophilose bien connu des vétérinaires et éleveurs de bétails

Aussi appelée « gale de boue », la dermatophilose est une infection cutanée provoquée par Dermatophilus congolensis, une bactérie connue des vétérinaires depuis plus d’un siècle. Elle touche principalement les animaux d’élevage, tels que les chevaux, les bovins et les ovins. La bactérie provoque des lésions croûteuses de la peau ou une pourriture pluviale, des pathologies favorisées par une humidité prolongée du pelage. Chez les humains, les rares cas documentés concernaient jusqu’ici des éleveurs, palefreniers, agriculteurs, cavaliers ou bouchers, en contact direct avec le bétail.

Les cas identifiés suivaient le traitement préventif du VIH

Pourtant, la quarantaine de cas identifiés au 1er juin en France, dont une trentaine à Lyon, n’avaient aucun contact avec les chevaux, ovins, bovins ou caprins. Idem pour les neuf enregistrés à Barcelone, en Espagne, entre décembre 2025 et mars 2026. Certains de ces patients suivaient le traitement préventif du VIH, car ils présentaient des pustules et des croûtes sur les parties génitales, la barbe ou le torse. Ces symptômes ressemblent à ceux des IST comme le papillomavirus, la chlamydia ou la syphilis.

Cette bactérie pourrait se transmettre sexuellement

L’analyse génomique des prélèvements effectués sur ces patients a montré que les bactéries identifiées étaient presque identiques entre elles. C’est le signe d’une source récente et commune, sans lien apparent avec un animal. Comme déjà souligné, tous ces hommes avaient en revanche fréquenté des saunas gays, où ils ont eu des rapports intimes. Sur la base de cette information, les médecins français et barcelonais formulent l’hypothèse que cette bactérie se transmet sexuellement, lors de contacts rapprochés de peau à peau, en particulier dans un environnement chaud et humide.

Un rapport de l’ECDC sur la dermatophilose attendu ce jeudi

Pour l’heure, les signes observés chez les patients concernent essentiellement la peau. Il s’agit de lésions apparaissant sur les organes génitaux, dans la région pubienne, sur les fesses, dans la barbe ou le visage. Ces lésions peuvent prendre la forme de rougeurs, de pustules, de boutons inflammatoires, de plaques suintantes ou de croûtes épaisses. À ces symptômes s’ajoutent souvent des démangeaisons importantes. Il existe des traitements. Les patients français et barcelonais ont tous guéri sous antibiothérapie, sans complication. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) doit publier ce jeudi un premier rapport sur cette nouvelle potentielle IST.