Depuis le retour au pouvoir des Talibans en 2021, les jeunes filles sont interdites d’école au-delà du primaire en Afghanistan. Cette interdiction touche environ 2,2 millions d’adolescentes avec des conséquences majeures sur leur développement, leur sécurité, et leur autonomie financière. Mais la résistance s’organise à travers des écoles clandestines ouvertes par des militants et pédagogues bénévoles, qui risquent leur liberté et même leur vie.
L’islam radical dans toute sa laideur. Depuis septembre 2021 et la prise du pouvoir par les Talibans, les filles n’ont plus accès à l’enseignement secondaire en Afghanistan, tandis que les femmes sont exclues des universités depuis décembre 2022. Cette interdiction fait partie de la soixantaine de mesures ciblant les femmes, dont l’interdiction de tenir un salon de coiffure et de sortir sans tuteur masculin. Avec ces restrictions, l’Afghanistan est devenu le pays le plus liberticide au monde envers la gent féminine, cantonnée au foyer et à la procréation.
Les associations et les parents ouvrent des écoles sécrètes
Désormais exclues de l’école dès 12 ans, plus de 2,2 millions de filles afghanes voient leur avenir se rétrécir considérablement dans un pays où il était déjà difficile de trouver sa voie. Mais il y a de la lumière dans cette grisaille. Aidées par des associations, des militants et pédagogues bénévoles ont ouvert des écoles clandestines. Certains parents improvisent également des cours à domicile dans les zones rurales où l’accès est plus limité à l’éducation. Les vérandas, cours et rez-de-chaussée sont ainsi devenus des salles de classe de fortune. Certains propriétaires de maisons cèdent aussi volontiers leur local pour la bonne cause.
Extraire les filles afghanes de l’analphabétisme et de l’obscurantisme
Mais il y a des risques. Des animateurs d’écoles sécrètes ont déjà été arrêtés sur dénonciation. La plupart retrouve heureusement leur liberté au bout de quelques jours ou semaines. Malgré les risques, les classes clandestines se multiplient en Afghanistan pour extraire les filles de l’analphabétisme et de l’obscurantisme dans lesquels les Talibans veulent les maintenir. Des organisations internationales, comme l’Unicef et FemAid, participent à cette résistance en finançant ces écoles sécrètes.
Les écoles clandestines ne remplaceront pas un système éducatif public
Dans ces établissements clandestins, les filles apprennent à lire et à écrire dans les livres qui leur tombent sous la main ou distribués par des ONG. Elles s’ouvrent ainsi une petite fenêtre sur le monde pour voir comment leurs camarades vivent ailleurs et construisent leur avenir. Mais ces réseaux ne remplaceront jamais un système éducatif public. Ils permettent uniquement à quelques adolescentes afghanes de socialiser et d’apprendre. Tôt ou tard il faudra trouver une solution pour sauver toute une génération de jeunes filles. Sans cela, les conséquences pourraient être désastreuses.
L’Afghanistan pourraient perdre des décennies de potentiel
Selon l’Unesco, l’exclusion persistante des filles et des femmes de l’éducation constitue non seulement une grave violation de leur droit humain fondamental à apprendre, mais aussi risque de condamner l’Afghanistan à perdre des décennies de potentiel et d’aggraver la pauvreté dans le pays. Ces jeunes filles pourraient combler le déficit criard en médecins, infirmiers, enseignants, ingénieurs, juristes ou encore administrateurs. Mais peut-on faire entendre raison à ces Talibans qui ont une vision moyenâgeuse de la société ?