Justice : ouverture du procès de « Ma Dalton », accusée du meurtre de sa belle-sœur en 1995

Le procès de Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Ma Dalton », s’est ouvert le mardi 16 juin devant la cour d’assises des Yvelines. Cette femme de 79 ans est accusée d’avoir tué son ancienne belle-sœur Corinne Di Dio, dont le corps a été retrouvé démembré le 28 juin 1995, dans une malle flottant sur la Seine et dérivant près de La Roquette, dans l’Eure. Elle est jugée pour enlèvement, séquestration et meurtre.

Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Ma Dalton » ou « Mamie trésor », est jugée depuis le mardi 16 juin devant la cour d’assises de Versailles (Yvelines) pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de son ex belle-sœur Corinne Di Dio. Le corps démembré de celle-ci avait été retrouvé fin juin 1995 dans une malle métallique dérivant sur la Seine près de La Roquette, dans l’Eure. Son procès doit se dérouler sur trois semaines.

Ma Dalton avait un caractère bien trempé

Née à Montrouge dans les Hauts-de-Seine en 1946, Marie-Thérèse Garcia a vécu pendant plusieurs années à Saint-Hilarion, commune située entre Versailles et Chartres, dans les Yvelines. Elle avait pour habitude de garder des enfants du cercle familial élargi, dont Romain, 10 ans à l’époque, fils de Corinne Di Dio et d’Antonio Marquez Gomez, une figure du grand banditisme.

Ce dernier est un co-accusé de « Mamie Trésor », mais il est introuvable à ce jour. Quoique mise devant les faits, Ma Dalton continue de nier vigoureusement avoir perpétré ce crime. À noter, elle doit son sobriquet à son caractère bien trempé et à son penchant pour les violences verbales et physiques, des comportements qui rappellent la cheffe de gang autoritaire de la BD Lucky Luke.

Un cadavre découpé découvert dans une valise flottant sur la Seine

L’affaire « Ma Dalton » a éclaté le 28 juin 1995, quand un pêcheur découvre une étrange malle métallique, fermée par un cadenas, flottant sur la Seine au niveau de La Roquette. Prévenue, la police arrive sur les lieux indiqués et découvre qu’il s’agit du corps démembré d’une femme. Sa tête et ses mains ont été coupées et emportées.

Il faudra attendre deux ans, l’année 1997, pour que le cadavre soit identifié et reconnu comme celui de Corinne Di Dio, 37 ans, portée disparue depuis 1995. Cette mère de famille, commerciale chez Bouygues dans les Yvelines, s’est volatilisée le 19 juin 1995, après qu’elle ait dit à des collègues qu’elle devait se rendre à un rendez-vous étrange, sans donner plus de précisions.

Les enquêteurs s’intéressent très tôt à Marie-Thérèse Garcia

Si la victime fréquentait le milieu du grand banditisme, les enquêteurs ont d’abord porté leurs soupçons sur Marie-Thérèse Garcia, l’ex-belle-sœur de Corinne Di Dio. Interrogée, la quinquagénaire affirme qu’il pourrait s’agir d’une fugue. L’ex-compagnon de la victime et père de son enfant, Antonio Marquez-Gomez, bandit notable, est aussi entendu. Il dit qu’il n’avait pas de raison de la tuer, qu’il s’entendait bien avec elle et qu’il lui a même défendu de le retrouver en Colombie où il vivait désormais, à cause de l’insécurité qui y régnait. Lui aussi affirme que c’est l’habitude de Corinne Di Dio de disparaître ainsi, et qu’elle réapparaîtra vraisemblablement aussi subitement qu’elle est partie.

La fille de Ma Dalton l’enfonce

En 2004, quatre ans après un premier non-lieu prononcé dans le dossier, la fille de Marie-Thérèse Garcia, Nancy H, se présente aux autorités et déclare qu’elle a entendu sa propre mère planifier le meurtre avec un correspondant inconnu au téléphone avant les faits. Elle ajoute que Corinne Di Dio a été tuée dans le salon du domicile familial avant que son corps ne soit transporté dans le garage pour y être découpé.

Si l’analyse au Bluestar a permis de mettre en lumière des traces de sang, elle ne donnera rien d’intéressant. Francisco Marquez-Gomez, frère d’Antonio, confirme la version des faits de Nancy. Mais il soulève un mobile : la jalousie. Selon lui, Ma Dalton a tué Corinne Di Dio en découvrant qu’elle a eu une relation sexuelle avec lui, alors qu’il sortait également avec Marie-Thérèse. Celle-ci lui aurait avoué avoir « eu sa vengeance » et s’être « occupée de Corinne ».

Puis une de ses petites-filles affirme avoir vu dans sa jeunesse « une bonne femme se faire couper en morceaux »

Ces nouvelles informations relancent l’enquête, mais un non-lieu est à nouveau prononcé en 2008. En 2012, l’affaire est rouverte. Une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia affirme avoir vu dans sa jeunesse « une bonne femme se faire couper en morceaux ». Romain et deux autres filles de Marie-Thérèse Garcia font également des témoignages similaires, qui vont éclairer le dossier, souvent en défaveur de l’accusée.

Toutefois, un nouveau non-lieu intervient, faute de preuves tangibles. Il faudra attendre 2023 pour que l’affaire soit relancée une énième fois. La disparition d’un jeune couple remonte à Marie-Thérèse Garcia, grand-tante de la jeune femme disparue (Leslie Hoorelbeke 22 ans) avec son compagnie (Kévin Trompat, 21 ans).

L’avocate de Ma Dalton demande à la justice de se pencher sur le cas de Jean-Jacques Maurice

Placée sur écoute, au cours d’un appel avec la belle-mère de Leslie, Ma Dalton affirme que la police ferait mieux de les retrouver et que si c’était elle qui devrait le faire, elle ramènerait les disparus « en morceaux, dans une valise. ». Cette déclaration rappelle immédiatement aux enquêteurs l’affaire Di Dio, et ils y voient un aveu.

Marie-Thérèse Garcia est interpellée quelques mois plus tard et placée en détention provisoire cette fois. Mais depuis trois, elle nie les faits et se présente en victime idéale d’un dossier dans l’impasse. Son avocate demande d’étudier d’autres pistes, notamment celle de Jean-Jacques Maurice, braqueur de renom avec lequel Corinne Di Dio a eu une relation avant de le dénoncer à la police après un casse, en 1981.