Alors que l’été bat son plein, le maillot de bain menstruel se fait de plus en plus visible à la piscine ou à la plage. Ce produit connait un succès remarquable depuis la pandémie, surtout chez les adolescentes, obligeant les marques à se lancer sur ce marché. C’est le cas de Décathlon qui prévoit de lancer son propre modèle en août et une « sous-culotte menstruelle » à l’automne 2027.
Les vacances d’été battent leur plein, en dépit de la canicule qui frappe la France et même toute l’Europe. Cette période rime avec sorties à la piscine et à la plage. Mais, pour certaines femmes, c’est compliqué d’y aller, à cause des menstruations. Beaucoup d’entre elles sont circonspectes à l’idée de porter un maillot de bain pendant leurs règles et de se retrouver dans une situation inconfortable en cas de pertes de sang. Selon un sondage Ifop pour Intima paru en 2025, près de 74 % des femmes déclarent avoir déjà dû renoncer à se baigner à cause de leurs règles et 65 % ne se mettent pas en maillot de bain pour cette même raison.
La baignade en public n’est plus une affaire de culottes menstruelles
Depuis quelques années, heureusement, certaines marques proposent des maillots de bain menstruels, plus adaptés à la baignade en public que les simples culottes menstruelles, les tampons et les serviettes périodiques. Ces produits permettent aux femmes de profiter d’une baignade à la mer ou à la piscine l’esprit tranquille et en toute discrétion pendant les règles. Il existe aujourd’hui, une dizaine de marques sur ce marché, dont Réjeanne, Smoon, Sorio, Mademoiselle Culotte, Etam, Nana ou encore Dim. Il suffit de taper « maillots de bain menstruels » sur internet pour comprendre l’ampleur du phénomène.
Le maillot de bain menstruel représente aujourd’hui 5 % du CA du rayon maillots de bain natation Femme de Decathlon
Decathlon, l’enseigne spécialisée des équipements sportifs et de loisirs, propose un maillot de bain menstruel unique de la marque Plim Underwear. Décliné du 34 au 48, ce produit est disponible au prix de 27,99 euros. Elle distribue aussi des articles de la marque Smoon, depuis 2024. Le maillot de bain menstruel représente aujourd’hui 5 % du chiffre d’affaires du rayon maillots de bain natation Femme de l’entreprise. Si cette part est encore modeste, c’est une très bonne performance pour une catégorie de produits qui n’était pas présente dans son assortiment il y a deux ans. Ce segment devrait rapidement progresser dans les prochaines années au vu de l’engouement, en particulier chez les adolescentes.
Decathlon se mouille
Preuve que Decathlon croit vraiment dans ce marché, le groupe va lancer son propre modèle, sous sa marque, dès le mois d’août. Puis, à l’automne 2027, il commercialisera une sous-culotte menstruelle. Celle-ci permettra de transformer n’importe quel maillot de bain classique en maillot menstruel. « Et ce n’est qu’un début, nous avons encore de belles innovations techniques en préparation pour les saisons suivantes » promet Julie Drogou, cheffe de produit chez l’enseigne spécialisée. Les marques prévoient maintenant d’en proposer pour tous les goûts : couleurs vives, motifs originaux et variété de coupes. En procédant ainsi, elles souhaitent s’éloigner d’un objet de santé et se rapprocher de la lingerie classique, avec des jeux de transparence et de dentelle notamment.
Le maillot de bain menstruel n’est plus un produit de niche
Avec ces annonces, le maillot menstruel n’est plus un produit de niche. Il devient un incontournable du vestiaire d’été et de natation, tant pour les femmes que pour les adolescentes. Cette petite révolution vient faciliter la vie des femmes au quotidien. Elle a un côté pratique, en plus de respecter la femme dans son quotidien et de prendre en considération les problématiques des règles. En plus de développer une vision « body positive » de la baignade, le maillot de bain promeut une conscience environnementale car il peut durer plusieurs années et épargner de l’achat de plusieurs tampons hygiéniques.