Après l’incendie de la forêt de Fontainebleau, l’heure est au constat. Et il y a de sérieux dégâts. En quelques jours, les feux ont ravagé 2 200 hectares de ce poumon d’Île-de-France, soit près de 10% de sa surface totale. À la place de la végétation, il n’y a plus que de la cendre ainsi que des arbres grillés. Les riverains et les vacanciers se désolent de ce paysage affligeant. C’est un « désastre écologique (…) à pleurer » pour le Premier secrétaire du PS et député de Seine-et-Marne Olivier Faure.
Un patrimoine français en partie détruit. Dimanche 12 juillet, un incendie a été déclenché dans la forêt de Fontainebleau, située principalement dans le département de Seine-et-Marne, à environ 60 kilomètres au sud-est de Paris. En cinq jours, les flammes voraces ont ravagé 2 200 hectares, soit 13% de ce poumon vert de la région Île-de-France. Au moins 700 pompiers ont été mobilisés pour éteindre les feux. Il a également fallu engager quatre Canadair, une première en région parisienne, mais aussi deux Dash et trois hélicoptères bombardiers d’eau. Il s’agit du pire incendie jamais enregistré dans le département, après ceux de 1921 (762 hectares) et de 1945 (825 ha), selon les archives remontant à 1863.
Une végétation noircie et des pierres pleines de cendre
Maintenant que le feu est fixé, riverains et vacanciers peuvent constater les dégâts. Il n’y a qu’un paysage de désolation, presqu’un cimetière. Sur la zone touchée, la végétation est complétement noircie, les pierres sont pleines de cendre et les sous-bois très fragilisés. Aussi des racines ont brûlé, et l’Office National des Forêts (ONF) n’a plus d’autre choix que d’abattre certains arbres pour ne pas qu’ils tombent sur la route.
Face au risque, l’accès au massif forestier reste interdit dans le secteur brûlé, à Noisy-sur-École, au Vaudoué ou encore à Achères-la-Forêt. Pour le premier secrétaire du PS et député de Seine-et-Marne Olivier Faure c’est « un désastre écologique (…) à pleurer ». Au lieu de sangloter, le directeur départemental des services d’incendie et de secours, le colonel Bruno Maestracci, appelle, lui, à « sauver un patrimoine inestimable, un joyau national ».
La forêt de Fontainebleau présente une biodiversité exceptionnelle
Ancien domaine de chasse des rois de France, la forêt de Fontainebleau est un vaste massif boisé de 25 000 ha, dont 21 600 ha sont aujourd’hui administrés en forêt domaniale. Ce creuset exceptionnel de biodiversité est classé « réserve de biosphère » par l’Unesco (1998) et « site Natura 2000 » pour sa valeur paysagère. Il compte 2 500 ha de réserves biologiques, dont 1 000 en réserve intégrale, sans aucune intervention humaine. C’est une de ces réserves qui a été dévorée par les flammes la semaine dernière.
La forêt de Fontainebleau présente des paysages variés, notamment des chênaies, pins, hêtraies, landes ouvertes, dunes fossiles, mares ainsi que des zones humides. Elle abrite plus de 6 500 espèces animales, dont des insectes rares (Lucane cerf-volant, grand Capricorne), des oiseaux (fauvette, pic vert ou chouette Hulotte) et des mammifères (martre des pins, lièvre d’Europe, cerf).
La forêt de Fontainebleau améliore la qualité de l’air en Seine-et-Marne
La forêt de Fontainebleau est vitale pour la ville dont elle porte le nom et pour le département de Seine-et-Marne. En effet, ses arbres captent le CO2 pour en faire de l’oxygène, contribuant à améliorer la qualité atmosphérique et à rafraîchir l’air. Aussi, lorsqu’ils sont hauts et bien denses, leur feuillage forme une canopée qui filtre une partie des rayons du soleil, empêchant le sol de monter en température. Cette zone aide ainsi à réduire les « îlots de chaleur ».
Notons que la forêt de Fontainebleau est également une destination privilégiée pour le vélo, la marche et les promenades, en raison de ses nombreux sentiers. En outre, elle est mondialement connue pour l’escalade de bloc. Des grimpeurs venus de France et de l’étranger adorent ses rochers de grès.