Agressions sexuelles au Maroc : l’opinion publique se mobilise

Les images d’une vidéo montrant un groupe de jeunes hommes agresser sexuellement dans un bus une jeune femme, ont fait réagir les internautes du monde entier. Ces images provenant du Maroc, c’est l’occasion de dénoncer les violences sexuelles subies par les Marocaines dans l’espace public. Des manifestations sont organisées à Rabat et Casablanca pour dénoncer ces attitudes.

Les agresseurs âgés entre 15 et 17 ans, ont été appréhendés et placés sous surveillance policière. Cependant, la police signale qu’aucune plainte n’avait été déposée avant la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux, ni de la part de la victime, et plus inquiétant ni de celle du conducteur du bus ou de quiconque d’ailleurs.

Ce n’est que la partie visible d’un phénomène déjà hélas classique et bien connu dans le pays, mais c’est aussi peut-être la goutte qui fait déborder le vase, car des médias marocains ont titré « horreur à Casablanca », « des monstres commettent un crime odieux ». Elle souligne aussi l’image désastreuse, que cela donne dans un pays hautement touristique.

Ces médias reflètent une exaspération d’une partie de plus en plus grande de la population, qui ne supporte plus ces violences sexuelles à l’encontre des femmes. Des manifestations sont organisées où l’on peut lire des slogans comme « l’habit ne fait pas le viol, ou nous n’avons pas peur, ou encore, libérez l’espace public », « les lois pour les hommes, le viol pour les femmes ».

Salah El Ouadie, poète et président du mouvement Damir (conscience), présent au sit-in en appelle aux « pouvoirs publics afin qu’ils prennent la chose au sérieux, au niveau sécuritaire, mais également au niveau du rôle de l’école ».

Au Maroc, selon les chiffres officiels, près de deux Marocaines sur trois, sont victimes de violences et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste. Le pays ne possède pas une loi complète contre le harcèlement, elle est effective dans le domaine du travail par exemple, mais elle n’inclue pas l’espace public.

Une avancée dans ce domaine serait un immense soulagement pour de nombreuses femmes du pays, et un exemple pour d’autres pays.

Crédit photo : Françoise BELLARD

 

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