Maladies cardiovasculaires : des médecins appellent à des mesures d’urgence pour améliorer la prévention chez les femmes

En France, 53% des victimes de maladies cardiovasculaires sont des femmes. Cette surmortalité s’explique davantage par des facteurs médicaux et sociaux que biologiques. Pour changer la situation, des médecins appellent à prendre des mesures urgentes. Ils ont rédigé un document de référence de huit pages qui décrypte les spécificités de la prévention chez les femmes.

Les maladies cardiovasculaires ont toujours été considérées comme un problème masculin, en raison de certains facteurs de risques comme le tabagisme et l’obésité abdominale, associés aux hommes. Pourtant, plus de femmes meurent de ces maladies que les hommes (74 000 par an contre 68 000, 53% des décès). Pis, les femmes sont touchées de plus en plus jeunes, avec une hausse de 25% de l’incidence de l’infarctus du myocarde. Face à ces chiffres, il devient crucial d’améliorer la prévention chez la population féminine. C’est l’avis de plusieurs médecins, qui viennent de publier un document de référence de huit pages décryptant les spécificités de la prévention au féminin. Ils ont également mis à disposition une affiche pour le grand public.

Les maladies cardiovasculaires évitables avec une bonne prévention

Ces médecins sont généralistes, urgentistes, cardiologues ou encore gynécologues. Ils montent au créneau pour attirer l’attention des politiques sur les maladies cardiovasculaires chez les femmes. « Nous avons jugé nécessaire d’informer sur les facteurs de risque, parce que dans l’esprit du public, si l’alimentation et le tabac sont bien connus, d’autres comme le stress, la pollution sonore ou encore la précarité ne le sont pas », explique le Dr Marc Villaceque, cardiologue et président du Conseil national professionnel cardiovasculaire (CNPCV), coauteur du document de référence. Selon le praticien, chaque femme devrait bénéficier d’une prévention personnalisée et obtenir les informations utiles. Car dans huit cas sur dix, l’accident cardiovasculaire peut être évité si les facteurs de risque sont connus et traités.

Les femmes davantage touchées par les maladies cardiovasculaires à cause de facteurs de risque spécifiques au cours de leur vie

Si les femmes sont davantage touchées par les maladies cardiovasculaires, c’est parce qu’elles cumulent des facteurs de risque spécifiques au cours de leur vie, soulignent les médecins. Il s’agit des règles précoces, du syndrome des ovaires polykystiques, de l’endométriose, entre autres. Des études soupçonnent également les contraceptifs de favoriser l’apparition des maladies cardiovasculaires. Ces produits contiennent un estrogène et un progestatif qui augmentent les risques. Par ailleurs, la ménopause réduit la protection hormonale des œstrogènes dont les femmes bénéficient. Enfin, un cancer du sein et la période de la grossesse peuvent également représenter des facteurs.

La proposition de loi Yannick Neuder, une première piste

En attendant de nouvelles mesures urgentes, les médecins estiment qu’une première réponse peut provenir de la proposition de loi du député et ancien ministre de la santé Yannick Neuder. Ce texte vise à améliorer la prévention des maladies cardiovasculaires, deuxième cause de mortalité en France (25%) derrière les cancers (27%). Il renforce principalement le dépistage, en autorisant les pharmaciens et kinésithérapeutes à mesurer la tension artérielle et en intégrant la prévention dans les programmes nationaux, à l’école comme en entreprise. Les professionnels de santé espèrent que grâce à de telles initiatives, on parviendra à dépasser les effets persistants du mythe selon lequel les maladies cardiovasculaires sont un problème masculin, et à mieux connaître les différents symptômes chez les femmes.