Cela fait bien longtemps qu’on entend plus trop parler des Pussy Riot. Fondé à Moscou à l’automne 2011, ce collectif artistique et féministe se caractérise par son engagement politique ciblant en particulier le président russe Vladimir Poutine. Le groupe n’a pas disparu, même s’il ne fait plus la une des grands médias. Il effectue actuellement une tournée en Europe avec un manifeste artistique punk.
Les Pussy Riot, un collectif artistique et féministe russe connu pour son opposition à Vladimir Poutine et à son régime, a entamé depuis quelques semaines une tournée en Europe avec un manifeste artistique punk. En France, il a présenté le jeudi 2 avril 2026 son spectacle multimédia Riot Days à La Marbrerie de Montreuil. Riot Days est une performance unique basée sur l’œuvre de Maria Alyokhina, membre du groupe. Elle mêle divers genres, dont la récitation, l’électro et le multimédia, pour raconter l’histoire du militantisme de la bande.
Les Pussy Riot à la Biennale de Venise pour protester contre la présence de la Russie
Après Montreuil, Pussy Riot a joué à Paris et à Tours toujours en avril. Dans le même mois, le groupe s’est également produit à Fribourg (Allemagne), Bâle et Genève (Suisse). En mai, il sera sur scène à la Biennale de Venise pour protester contre la présence de la Russie au forum. C’est la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 que Moscou présente un projet artistique à cet évènement. La 61e édition de la plus grande exposition d’art contemporain au monde se tiendra du samedi 9 mai au dimanche 22 novembre 2026 aux Giardini et à l’Arsenale. Mais les pré-ouvertures débutent ce mercredi 6 mai pour prendre fin le vendredi 8.
Des concerts pour soutenir un hôpital pour enfants en Ukraine
Les Pussy Riot passeront en outre par les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni. Déjà joué plus de 400 fois dans le monde depuis 2017, leur spectacle Riot Days aborde aussi des thématiques contemporaines comme l’oppression de la communauté LGBTQ+. Couplé à des expositions dans des musées, il a déjà permis de récolter plus de 200 000 euros pour soutenir l’hôpital pour enfants ukrainien Okhmatdyt à Kiev, ainsi que les prisonniers politiques en Russie. L’un de ceux-ci, Alexeï Navalny, est malheureusement mort le 16 février 2024 au centre pénitentiaire de Kharp en Iamalie. Sa veuve Ioulia Navalnaïa accuse le kremlin de l’avoir empoisonné avec un agent neurotoxique novitchok.
Les Pussy Riot prônent la « guérilla artistique »
Les Pussy Riot, littéralement « émeute de chattes », sont un groupe musical punk-rock et féministe russe fondé en 2011 à Moscou. Il compte une dizaine de membres, souvent anonymes pour leur sécurité. Parmi les figures emblématiques figurent Maria Alyokhina, Nadya Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch, Diana Burkot et Veronika Nikulshina. Leur style musical combine protest music, punk rock et performance art, s’inspirant de groupes punk anglais et du mouvement Riot Grrrl (à qui elles doivent leur nom). Les jeunes femmes prônent volontiers une approche de « guérilla artistique », marquée visuellement par le port de cagoules.
« Sainte-Marie, mère de Dieu, chasse Poutine »
Les Pussy Riot se sont véritablement fait connaître dans le monde entier en février 2012 quand elles ont chanté dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur de Moscou un Te deum quelque peu original, avec cette prière osée : « Sainte-Marie, mère de Dieu, chasse Poutine ». Cette action visait aussi l’Église orthodoxe russe accusé d’être sous influence du Kremlin.
La plupart ont été arrêtées peu après, puis condamnées à deux ans de détention en camp. En septembre 2025, elles ont été à nouveau condamnées par contumace à des peines allant de huit à treize ans et quinze jours de prison pour un article sur la diffusion de « fausses » informations sur l’armée russe. Mais leur musique est tellement liée au pouvoir russe que leurs détracteurs les accusent de faire de Vladimir Poutine leur fonds de commerce.