Musiques et danses pour les “tatas dansantes” chinoises

Vous seriez peut-être surpris par l’ambiance, qui règne dans certains parcs chinois. Des airs de musique bien différents à ceux traditionnels du pays, s’y font de plus en plus entendre. Il s’agit, de musiques qui servent à la chorégraphie des danses, que les “tatas dansantes” enchaînent. Ces retraités encore très alertes, seraient plus de 100 millions à envahir les espaces publics du pays, le plus souvent à l’aube ou en début de soirée.

C’est ainsi, qu’il n’est pas rare, que dans un parc du centre-ville, on entende différents styles musicaux, qui vont du Cha-cha-cha à la valse, pendant que d’autres marchent d’un pas militaire sur des vieux airs révolutionnaires. Tout ceci, s’effectue malgré quelques désagréments sonores pour les voisins, et des bagarres qui opposent parfois entre eux les groupes de danseuses pour l’occupation du terrain.

Il faut dire, que le gouvernement chinois voit d’un bon œil la prolifération de ce qu’il considère comme une activité physique. Il encourage ces danses collectives, perçues comme bonnes pour la santé dans un pays qui compte déjà 240 millions de plus de 60 ans, un chiffre qui doit doubler d’ici 2050. Dans ce contexte, l’exercice physique sous toutes ses formes est à l’ordre du jour. D’ailleurs, un plan national d’exercices physiques, a inscrit en 2016 la danse de rue au rang des sports d’équipe à “développer énergiquement”.

Des concours nationaux sont organisés et les troupes de danseurs voyagent dans tout le pays.

Une manne pour le commerce, particulièrement sur internet, qui en profite pour proposer des tenues de scène, du matériel de sonorisation ou des méthodes pour apprendre toutes sortes de chorégraphies. Il est aussi proposé, des voyages organisés ou des services financiers. Les personnes âgées “ont du temps, de l’argent et les attributs de leaders d’opinion”, résume M. Han, qui a développé son propre site internet. Celui-ci, a vu le nombre d’utilisateurs quintuplé en deux ans pour atteindre 500 000.

Sociologiquement, la vogue de la danse a un peu changé le rapport hommes-femmes. Certains, ont dû s’habituer à assurer les tâches domestiques délaissées par leur épouse. D’autres, ont carrément décidé de participer de plus en plus souvent à des ballets très majoritairement féminins.

Néanmoins, attention, l’Etat veille à la bonne morale de l’ensemble et le “Prince de la danse de rue” alias Wang Guangcheng, un professeur d’éducation physique, qui créé des chorégraphies pour le compte de l’Etat prévient, “les airs que nous choisissons incarnent notre caractère national et nos valeurs”.

Crédit photo : Luc Mandret

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