Nations Unies : aura-t-on enfin une femme à la tête de l’organisation ?

Antonio Guterres, actuel secrétaire général des Nations Unies, quittera ses fonctions le 1er janvier 2027. Pour remplacer le diplomate portugais, quatre candidats sont dans le rang. Il s’agit de Macky Sall (Sénégal), Michelle Bachelet (Chili), Rebeca Grynspan (Costa Rica) et Rafael Grossi (Argentin). S’il n’y a jamais eu une femme à la tête de l’organisation, cette fois pourrait être la bonne, d’autant plus que le poste devrait revenir à l’Amérique latine conformément à la règle de la rotation géographique.

Après deux mandats consécutifs de cinq ans (de 2017 à 2021 et de 2022 à 2026), l’actuel secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres quittera ses fonctions le 1er janvier 2027. A moins d’un an de son départ, les quatre candidats à sa succession sont connus et ont même déjà passé leur grand oral devant l’Assemblée générale de l’organisation à New York. Il s’agit du Sénégalais Macky Sall, de la Chilienne Michelle Bachelet, de la Costaricaine Rebeca Grynspan et de l’Argentin Rafael Grossi.

Rafael Grossi et Macky Sall pourraient prolonger le règne absolu des hommes depuis 1945

Macky Sall est un ancien président du Sénégal (2012-2024). Ce géologue de formation possède un bon CV, mais sa candidature n’est pas soutenue par l’Union africaine (UA) ni par son propre pays. En cause, un vice de procédure et surtout la fin chaotique de son second mandat marqué par des manifestations de jeunes. Quant à Rafael Grossi, c’est le directeur général actuel de l’AIEA. Ce diplomate de carrière est un profil apprécié car il gère déjà des dossiers chauds comme le programme nucléaire iranien et les dangers liés à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les forces russes.

Deux femmes veulent prendre la tête des Nations Unies

Michelle Bachelet, elle, a été la première femme présidente du Chili (2006-2010 puis 2014-2018) et Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. A ce poste, elle a publié un rapport critique sur le sort de la minorité des Ouighours en Chine, que n’a pas apprécié Pékin. Enfin, Rebeca Grynspan est l’actuelle secrétaire générale de l’agence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED). Parmi ses faits d’armes, on note la négociation en 2022 d’un accord avec Moscou et Kiev pour faciliter l’exportation des céréales ukrainiennes via la mer noire.  Elle a été vice-présidente du Costa Rica, mais reste peu connue du grand public.

Un vent de changement souffle sur les Nations Unies

Ces deux dames ont leur chance pour devenir la première secrétaire générale des Nations Unies. Créée il y a 80 ans, l’organisation n’a connu que des hommes à sa tête, neuf au total. Les femmes n’ont occupé que des rôles « secondaires », comme vice-secrétaire générale (numéro 2 de l’ONU) avec notamment la Nigériane Amina Mohammed (depuis 2017). Elles ont également présidé l’Assemblée générale, avec l’Indienne Vijaya Lakshmi Pandit (1953) et l’Equatorienne María Fernanda Espinosa (2018). Mais maintenant, elles réclament le poste principal, et avec raison. Dans les couloirs de l’institution à New York, le climat est favorable. On parle beaucoup de ce changement tant attendu.

Il faut craindre les vétos américain et chinois

Michelle Bachelet et Rebeca Grynspan pourrait d’autant succéder à Antonio Guterres que le poste de secrétaire général de l’ONU doit revenir à l’Amérique latine l’année prochaine au nom de la rotation géographique, même si celle-ci n’est pas toujours respectée. Cependant, la Chine, qui dispose d’un droit de veto (avec les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et la France), pourrait recaler la Chilienne pour son rapport sur les Ouighours. L’administration Trump ne l’aime pas non plus, à cause de ses opinions en faveur du droit à l’avortement. Quand on ajoute à cela le fait que Rebeca Grynspan est peu connue, l’option féminine s’amenuise face à un Rafael Grossi au premier plan. Mais il faut garder espoir. Le vote interviendra plus tard dans l’année.