Comme chaque année désormais, une canicule précoce touche plusieurs régions de France en cette fin du mois de mai, en raison du changement climatique. Avec 12 millions d’élèves et plus de 61 000 établissements, l’école se trouve en première ligne des enjeux d’adaptation. Depuis un an, quinze écoles pilotes expérimentent leur résistance aux fortes chaleurs dans le cadre du programme de recherche Racine.
Depuis quelques jours, une canicule précoce frappe plusieurs régions de France, dont l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France. Selon Météo-France, il va faire globalement très chaud jusqu’à samedi, avec des températures hors normes pour un mois de mai. Cette vague de chaleur porte préjudice aux travailleurs, mais aussi aux écoles. L’année dernière, plus de 2 000 écoles, sur les 61 000 que compte la France, avaient dû fermer car ne disposant pas d’installations nécessaires pour faire face aux canicules.
Près d’un tiers des écoles ne sont pas adaptées aux événements climatiques extrêmes comme la canicule
Selon un rapport dévoilé en septembre 2025, près d’un tiers (30%) des établissements scolaires français ne sont pas adaptés aux événements climatiques extrêmes. Le syndicat Snes-FSU précise qu’une école sur deux ne dispose ni de volets, ni de protection solaire extérieure. Environ 70% de ces écoles ont été construites après-guerre, entre 1950 et 1970. Il y a donc urgence à les rénover pour adapter leur architecture au contexte actuel du changement climatique. C’est dans ce cadre que Acteé (« action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique ») a lancé en juin 2025 le programme « Racine », pour « recherche sur l’adaptation aux canicules à l’intérieur de nos écoles ».
Le programme Racine repose sur une démarche low-tech pour l’adaptation au changement climatique des écoles
Co-porté par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), l’Ademe et l’AMF (Association des maires de France), ce projet de recherche vise à expérimenter sur le terrain la mise en œuvre d’une démarche low-tech pour l’adaptation à la surchauffe des écoles. Depuis juin 2025, quinze écoles représentatives de la diversité géographique et architecturale du parc scolaire français testent des solutions concrètes, sobres et reproductibles. Elles ont été équipées de capteurs de température, d’humidité et de CO₂ pour faire de premiers relevés. L’un des établissements avait alors enregistré un record de 37 degrés à l’intérieur de ses salles. Une température trop élevée pour y suivre des cours en journée. Le programme « Racine » a donc lancé des travaux.
Favoriser la végétation dans les écoles pour créer de l’ombre naturelle
Pour plusieurs milliers d’euros, ces écoles tests ont été dotées de stores bannes, de brise-soleil et de fenêtres à soufflet pour maintenir la fraîcheur dans les salles de classe. Aussi, elles ont dû installer des brasseurs d’air ou ventilateurs en journée. Par ailleurs, il leur a été demandé de garder les fenêtres, stores ou persiennes fermées en journée quand l’air extérieur est plus chaud, et de les ouvrir la nuit pour créer une ventilation traversante. Enfin, les établissements ont été invités à favoriser la végétation pour créer de l’ombre naturelle, en plantant des arbres et des herbes grimpantes dans la cour et autour de l’école.
Le programme Racine s’inscrit dans un objectif plus large d’adaptation physique des bâtiments à la canicule
Les premiers résultats de l’expérimentation sont attendus d’ici la fin de la semaine. Ils permettront de comprendre la situation et de repenser au besoin l’organisation de l’école pour faire face aux canicules. Acteé planche notamment sur des cours en forêt, dans les églises, dans des salles plus fraîches des collectivités, ou uniquement en journée. Ce programme Racine s’inscrit dans un objectif plus large d’adaptation physique des bâtiments en France, dans une logique plus low cost. Pour le secteur éducatif, Emmanuel Macron a annoncé un plan de rénovation de 40 000 écoles d’ici à 2034. Environ 5 000 ont déjà été rénovées.