Les first ladies africaines s’engagent

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Les premières Dames africaines se saisissent de sujets majeurs pour l'avenir du continent.

Si elles ne bénéficient pas toujours d’un statut officiel, les épouses de chefs d’Etat utilisent souvent leurs fonctions pour soutenir des projets humanitaires. Des premières dames comme Dominique Ouattara ou Aicha Buhari font preuve de volontarisme en Afrique. Les premières dames se saisissent de sujets majeurs pour l’avenir du continent.

Longtemps reléguées dans l’ombre de leurs présidents de maris, les premières dames s’émancipent. En Europe, en Afrique ou en Amérique, leur rôle est de plus en plus reconnu. Cependant, celui-ci reste souvent flou. C’est pour résoudre cet aspect que le nouveau chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a souhaité, au début de son mandat, officialiser le statut de première dame.

« Il faut que la personne qui vit avec vous puisse avoir un rôle, qu’elle soit reconnue dans ce rôle », a ainsi déclaré Emmanuel Macron. Il est vrai que son épouse, Brigitte, a été omniprésente à ses côtés au cours de la campagne présidentielle. Très impliquée en faveur de la culture et de l’art, Brigitte Macron a publié une «charte de transparence». Celle-ci définit les contours de son rôle auprès du chef de l’État.

Aux Etats-Unis, bien qu’il ne soit pas inscrit dans la Constitution, le statut de la « first lady » est davantage institutionnalisé qu’en France. Depuis 1978, l’épouse du président américain bénéficie d’un staff de douze personnes, qui l’aide dans ses actions associatives ou humanitaires. Claudia Alta Johnson s’est ainsi penchée sur les enjeux environnementaux ; dans les années 1990, Hillary Clinton a travaillé sur la réforme du système de santé ; et Michelle Obama a consacré beaucoup d’énergie à la lutte contre l’obésité.

Les premières dames au chevet de l’Afrique

En Afrique aussi, les premières dames mettent à profit leurs fonctions. Elles portent des enjeux importants pour le développement du continent. Et les sujets ne manquent pas :lutte contre le VIH/sida, lutte contre le travail et l’exploitation des enfants, combat incessant pour l’émancipation de la femme etc. Les premières dames se retrouvent lors de conférences ou assemblées pour maintenir dans la durée leurs engagements.

En marge de la 29e Assemblée générale de l’Union africaine, qui se tenait à Addis-Abeba en juillet 2017, les épouses des chefs d’Etats africains se sont ainsi retrouvées. L’événement qui les regroupait était la 19e assemblée de l’Organisation des premières dames d’Afrique contre le VIH/sida (OPDAS), présidée pour deux ans par la first lady éthiopienne, Aicha Buhari. La santé des adolescents africains était au cœur de leurs discussions, et notamment la question de l’accès des jeunes à l’information et aux services en matière de santé sexuelle.

Les premières dames africaines se sont également engagées à faciliter les

investissements privés dans le secteur de la santé. Un sujet qui touche particulièrement la first lady de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara. En tant qu’ambassadrice spéciale de l’ONUSIDA, elle a déclaré souhaiter « aboutir à la mise en place de politiques et de stratégies basées sur un partenariat public-privé, en vue de lutter efficacement contre la pandémie du VIH/sida ».

Le problème du VIH/sida « dans nos pays est si complexe, a poursuivi Dominique Ouattara, qu’il est impératif de rechercher de nouvelles ressources pour atteindre » l’objectif 90-90-90 fixé par l’ONU, a-t-elle déclaré lors de la session plénière, présidée par la première dame du Tchad, Hinda Deby Itno. Cet objectif à l’horizon 2020 devrait permettre que 90 % des personnes infectées par le VIH connaissent leur séropositivité, que 90 % des personnes séropositives aient accès à un traitement et que 90 % des malades traités aient une charge virale indétectable. Et de citer l’exemple réussi du partenariat avec le laboratoire Merck. A cette occasion, Dominique Ouattara a également insisté sur l’importance des médicaments antirétroviraux pédiatriques, jugeant « inadmissible » que les enfants soient soignés avec des médicaments destinés aux adultes.

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Dominique Nouvian Ouattara lors de la présentation de ses voeux pour 2018.

Quelques mois plus tard, les dix-sept premières dames d’Afrique de l’Ouest et du Sahel se sont retrouvées à Abidjan. La conférence sur la lutte contre les violences, la traite, l’exploitation et le travail des enfants s’est tenue du 18 au 19 octobre dernier. Les premières dames ont décidé d’unir leurs forces afin de mieux protéger les enfants victimes de ces phénomènes. Surtout qu’on estime qu’entre 2013 et 2014, plus d’un million d’enfants travaillaient dans les cultures du cacao, en Côte d’Ivoire.

« Ces menaces pour l’épanouissement de nos enfants requièrent de notre part des actions urgentes et concertées pour leur protection, a encore déclaré Dominique Ouattara, par ailleurs présidente du Comité national ivoirien de surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS). Car lorsqu’une première dame d’un pays choisit de défendre une cause au niveau national, toutes ses sœurs lui emboitent le pas et ce sujet fait des progrès remarquables ». A ce titre, le CNS ivoirien avait, en août 2017, organisé un séminaire des inspecteurs du travail du pays. Ce séminaire est destiné à améliorer l’efficacité de leurs missions dans la lutte contre l’exploitation des enfants. Il vise aussi à faire évoluer les méthodes et les modes d’évaluation des inspecteurs du travail.

Les first ladies d’Afrique de l’Ouest ont également lancé à cette occasion une campagne régionale de communication portant sur « l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel » (SWEED). A la demande de la CEDEAO, les premières dames ont aussi travaillé sur la croissance démographique de la région. En effet, elle est l’une des plus élevées au monde, avec un taux de fécondité moyen de 5,6 enfants par femme.

2 Comments

  1. Beaucoup de Premières Dames jouent un rôle important dans le développement de leur pays, je crois donc très sincèrement qu’il faut officialiser le statut des Premières Dames. Le Président de la République Française a essayé de faire passer cette idée, mais les françaises et les français ne l’ont malheureusement pas suivi. Hélas !
    Mais je reste convaincu que tôt ou tard, le statut des Premières Dames sera officialisé. En Afrique par exemple, une Première Dame frappe les esprits par ses actions. Je peux penser à la Première Dame de Côte d’Ivoire, Madame Dominique OUATTARA. Quand on regarde à la loupe ses actions dans les domaines de l’éducation, social et de santé, l’on peut se poser cette question : qu’attend-on encore pour donner aux Première Dame un statut officiel ? Mes hommages aux Premières Dames du monde, et en particulier à la Première Dame de Côte d’Ivoire, Madame Dominique OUATTARA, une Femme de bien.

  2. Une stratégie qui comprenne une meilleure connaissance de la question de la traite, à partir d’une terminologie claire et de témoignages concrets des principaux auteurs, peut être certainement un secours. La conscience réelle sur cette question demande toutefois une attention à la « question de la traite » qui est derrière l’offre (filière de consommation) ; nous sommes tous appelés à sortir de l’hypocrisie et à affronter l’idée que nous sommes une partie du problème plutôt que de nous tourner de l’autre côté, en proclamant notre innocence. Laissez-moi vous dire, s’il y a tant de jeunes filles victimes de la traite qui finissent dans les rues de nos villes, c’est parce que tant d’hommes ici — jeunes, personnes d’âge mûr, personnes âgées — demandent ces services et sont disposés à payer pour leur plaisir. Je me demande alors est-ce vraiment les trafiquants la cause principale de la traite ?

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