Dans son livre, Hillary Clinton règle surtout ses comptes avec les autres

Hillary Clinton a décidé de livrer sa version des faits, dans un livre qui revient sur les dessous d’une campagne ratée et d’une élection perdue. Les mêmes choses, provoquent les mêmes choses, et la sortie du livre aux Etats-Unis n’a pas suscité un grand enthousiasme. Il faut dire, qu’elle est très dure avec tout le monde sauf avec elle, comme d’habitude.

Le titre en français donne “Ça s’est passé comme ça”. Le livre donne la vision de l’ex-candidate démocrate et essaye de donner ses raisons d’un échec alors que la victoire semblait assurée. Bien sûr, Hillary Clinton admet avoir fait des erreurs, mais ce sont surtout des erreurs de méthodologie. Elle explique par exemple n’avoir pas saisi l’ampleur de la colère des Américains, “quand les gens sont en colère et cherchent un coupable, ils ne veulent pas entendre votre plan en 10 points pour créer des emplois et augmenter les salaires. Ils veulent que vous soyez en colère aussi.”

En définitif, Hillary Clinton règle ses comptes et c’est cela que l’on reproche à ce livre. Les journalistes l’accusent de trop renvoyer la faute sur les autres. Les démocrates, n’ont évidemment pas envie d’être associés à ce fiasco. Quant aux autres, certains n’y voient que des jérémiades et veulent passer à autres choses.

Il reste, que la vision d’Hillary Clinton doit autant être prise en compte que les autres, et elle a le mérite d’être comme elle l’a toujours été, c’est-à-dire froide et nette.

A partir de là, tout le monde y passe, James Comey, l’ex-directeur du FBI, est accusé d’avoir, à 11 jours du scrutin, informer le public de la réouverture de l’enquête sur “ces fichus e-mails” pour rien.

On retrouve bien sûr, la Russie et sa campagne de piratages informatiques et de désinformation, aidé par le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qui sont devenus ses adversaires, au même titre que Donald Trump.

Les médias ne sont pas épargnés, elle leur reproche d’en avoir trop fait sur l’affaire des e-mails, au détriment de ses propositions économiques, ainsi que d’avoir contribué à forger son image froide.

Dans ce jeu de massacre, Bernie Sanders n’échappe pas à la critique. Elle explique, Bernie m’a décrite systématiquement comme une corporatiste corrompue et indigne de confiance“. Cette argumentation a bien été reprise et amplifiée par l’équipe Trump.

Vous rajoutez à cela, quelques références au sexisme ambiant comme, “il faut le dire, le sexisme et la misogynie ont joué un rôle dans la présidentielle de 2016″.

Et voilà, selon elle, comment on perd une élection que l’on devait gagner. Une analyse parfaitement subjective bien sûr. Pourtant, il ne faudrait pas seulement retenir ce qui est aussi un témoignage, comme par exemple, que la perdante a fait des séances de yoga et qu’elle a pris quelques verres de chardonnay pour s’en remettre.

L’élection a conduit Donald Trump à la présidence, il a visiblement bien manœuvré et a profité à merveille des travers de la politique américaine actuelle. On peut tout de même accorder à Hillary Clinton, une réelle lucidité lorsqu’elle dit, « je menais une campagne traditionnelle avec des politiques préparées avec soin et des alliances difficilement construites, pendant que Trump dirigeait une émission de télé-réalité ». Serait-ce là, le nouveau secret de la réussite ?

Crédit photo : U.S.Departement of State

 

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