La Warner Bros bouscule la chronologie des médias

Coup de tonnerre à Hollywood : en annonçant son intention de diffuser simultanément ses dernières productions en salle et en streaming, les studios Warner Bros viennent de jeter un pavé dans la mare de l’industrie cinématographique.

La chronologie des médias, qu’est ce que c’est ? C’est la règle définissant l’ordre et les délais dans lesquels les diverses exploitations d’une œuvre cinématographique peuvent intervenir. Variable selon les pays, elle a essentiellement pour but de préserver l’exploitation des films par les salles de cinéma, en leur laissant la primeur de la diffusion d’une oeuvre. Ainsi en France, la chronologie des médias n’autorise la mise à disposition en vidéo à la demande d’un film que minimum trois ans après sa parution au cinéma.

Aux États-Unis ce délai est traditionnellement de 90 jours, mais il n’est pas encadré par la loi. Et jusqu’à aujourd’hui, aucun studio de cinéma ne s’était avisé de prendre en grippe l’industrie des salles de projection. Mais la crise du Covid-19 est passée par là et la fermeture des cinémas aux quatre coins des USA a contraint les distributeurs à trouver des solutions de repli.

La Warner provoque un « séisme »

Le «plus grand séisme que l’industrie du cinéma ait jamais connu» : c’est ainsi que le spécialiste de l’industrie cinématographique Jeff Bock qualifie l’onde de choc provoquée par le studio californien. Dans le Figaro, l’expert estime que « la Warner a effectué un virage serré qui pourrait changer l’industrie pour toujours ». Car en annonçant que ses films prévus en 2021, Matrix 4 et Dune seraient diffusés sur leur plateforme de vidéo HBO Max  en même temps que leur sortie au cinéma, le studio inaugure une nouvelle ère, court-circuitant les salles obscures pour se concentrer sur les plateformes de vidéos à la demande.

Un changement qui devrait concerner au final 17 films pour l’année 2021, soit un gros manque à gagner pour les salles de cinéma, toujours fermées dans beaucoup d’États américains. De quoi amorcer une petite révolution ?

Une décision qui ne devrait pas avoir d’impact la France, où la chronologie des médias impose toujours un délai de trois ans entre la sortie en salle d’une oeuvre et la possibilité de la retrouver en vidéo à la demande. Mais voilà qui devrait donner du grain à moudre au ministère de la Culture, qui a annoncé récemment qu’un raccourcissement de ce délai pouvait être envisagé si les géants du streaming, comme Netflix et Disney +, daignaient investir dans le cinéma français.

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