Une équipe de chercheurs du CHU de Lille (Nord) annonce la conception du tout premier stérilet pour homme au monde. Baptisé STEOM, ce dispositif d’à peine quelques centimètres bloque mécaniquement le passage des spermatozoïdes, une fois placé au niveau du scrotum via une petite incision sous anesthésie locale. Sans hormones, il est totalement réversible, contrairement à la vasectomie.
Une équipe de chercheurs du CHU de Lille (Nord) a récemment présenté un nouvel outil de contraception masculine. Il s’agit d’un stérilet pour homme baptisé STEOM. C’est le tout premier dispositif de ce genre dans le monde. Fruit de quatre années de recherche, il a été imaginé et conçu par Julie Prasivoravong, médecin andrologue au CHU de Lille et au CH de Lens. Cette spécialiste de l’infertilité masculine a eu l’idée de développer ce contraceptif pour répondre à un double constat : une hausse des consultations pour des vasectomies et une augmentation des taux d’IVG.
Le stérilet pour homme bloque mécaniquement le passage des spermatozoïdes
« C’est vraiment le pendant du stérilet féminin, le mode de fonctionnement est le même. Non invasif, celui-ci peut être posé par n’importe quel médecin formé (urologues, andrologues…) », explique Jessica Schiro, chargée de mission recherche au CIC-IT, qui a participé à la conception du système. La chercheuse précise que cet implant bloque mécaniquement le passage des spermatozoïdes, au lieu de couper les canaux déférents. La pose en ambulatoire (environ 15 minutes) se fait via une petite incision d’environ un centimètre au niveau du scrotum, sous anesthésie locale. Il n’y a pas de pansement à retirer ni de point à enlever : la cicatrisation se fait seule.
Le dispositif n’impacte ni la virilité, ni la libido, ni la sexualité du patient
Julie Prasivoravong assure que la douleur ne dépasserait pas celle d’une pose d’implant chez la femme. L’inventrice met également en avant la réversibilité du STEOM. Là où la vasectomie consiste à sectionner les canaux déférents (les voies par lesquelles les spermatozoïdes circulent depuis les testicules), le stérilet masculin se contente de les obstruer mécaniquement. Sans hormones, il n’impacte ni la virilité, ni la libido, ni la sexualité du patient qui le porte. Le système peut tenir sur trois ans. Si cette innovation a été brevetée en 2025, il lui faudra encore franchir plusieurs étapes avant d’arriver sur le marché.
Le stérilet pour homme n’arrivera pas au grand public avant 2033
En effet, un premier prototype va d’abord être implanté sur des chiens pour éprouver l’efficacité du STEOM. L’équipe de chercheurs lillois pourra ensuite réaliser la première implantation chez l’homme d’ici 2030, dans le cadre d’une étude clinique. Pour le grand public, il faudra attendre au moins 2033, le temps que le produit boucle les évaluations d’innocuité sur la fertilité et la sexualité et passe les tests obligatoires de la réglementation européenne en matière de dispositifs médicaux.
En attendant, les hommes peuvent réduire la charge mentale des femmes sur la contraception en couple avec divers outils existants. Comme le préservatif, la méthode thermique, dite du slip chauffant, ou la vasectomie, plus radicale. Les femmes, elles, ont plus de choix : pilule, stérilet, implant, patch, injection, diaphragme…