Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant », est impliqué dans plusieurs accidents graves en France ces dernières années. Face à cette situation, le gouvernement lance une campagne de sensibilisation ciblant les jeunes, principaux consommateurs de ce produit initialement destiné à un usage médical ou alimentaire. Il s’agira de montrer la réalité, sans filtre, afin de prévenir et de responsabiliser.
Mardi 7 avril 2026, le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, particulièrement répandu chez les jeunes et à l’origine de plusieurs accidents graves,. Cette opération consiste à dire la vérité aux jeunes, en montrant sans filtre les dommages causés par l’inhalation de ce gaz hilarant. « Je veux que les jeunes, en voyant cette campagne, prennent conscience qu’ils mettent leur vie, leur avenir et la vie d’autrui en danger », explique la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne. Cette initiative est menée en partenariat avec la Sécurité routière et le ministère de l’Intérieur.
Le protoxyde d’azote utilisées à des fins médicales et alimentaires
Le protoxyde d’azote, ou additif E942, est un produit principalement utilisé en médecine pour ses propriétés analgésiques (anti-douleur), anesthésiques et anxiolytiques (anti-stress). Il a également un usage dans le domaine alimentaire, comme gaz propulseur dans les siphons de cuisine et les bombes de crème chantilly.
Soluble dans le gras, le composé permet de vaporiser et d’aérer la crème pour obtenir une texture mousseuse. Il sert aussi d’agent de conservation pour ce type de desserts. Mais depuis quelques années, le protoxyde d’azote est détourné à des fins récréatives, notamment dans le milieu festif, chez des adolescents et de jeunes adultes. Ces derniers l’inhalent à l’aide de ballons de baudruche après avoir percé les cartouches métalliques qui le contiennent. Ils adorent son effet euphorisant.
Le protoxyde d’azote peut provoquer des atteintes du système nerveux et des complications cardiovasculaires
Si les consommateurs recherchent avant tout une désinhibition, ils s’exposent aussi à des dommages, parfois graves. En effet, le proto peut provoquer des atteintes du système nerveux, des complications cardiovasculaires, une altération des facultés cognitives et des troubles de l’équilibre, créant un risque accru en cas de conduite sous emprise. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les signalements d’intoxications liées à cette substance ont été multipliés par trois entre 2022 et 2023, et les cas graves par quatre sur la même période. Au moins 10% des victimes étaient des mineurs.
« Mort de rire », « Du rire aux drames », des slogans chocs
La campagne lancée mardi mise sur des images fortes pour illustrer les dommages parfois irréversibles liés à la consommation du protoxyde d’azote. Elle choisit le slogan « mort de rire », une expression utilisée dans les textos entre jeunes sous les initiales MDR, pour confronter les usagers à la réalité du produit.
Un documentaire, « Du rire aux drames », sera également diffusée à la télévision à partir du dimanche 12 avril pour soutenir cette campagne choc. « Le protoxyde d’azote n’est pas un jeu. C’est un poison qui détruit des vies. Lorsqu’un danger se banalise, il devient massif et lorsqu’il devient massif, il devient mortel », explique Marie-Pierre Vedrenne, qui « refuse que notre jeunesse paie le prix de cette indifférence » généralisée. « Dire la vérité, c’est protéger. Agir, c’est sauver », a ajouté la ministre.