Walk of Fame d’Hollywood : Angélique Kidjo marque d’une étoile l’histoire de la musique africaine

L’Afrique honorée ! Angélique Kidjo a reçu mardi une étoile sur le célèbre Walk of Fame d’Hollywood, où sont inscrits les noms des plus célèbres et influents acteurs du divertissement mondial. Cette récompense arrive après plus de quarante ans de carrière et 18 albums. L’artiste franco-béninoise espère que cette récompense ouvrira la voie à d’autres chanteurs africains.

Le mardi 18 août 2026 à 20 h 30, sur le mythique Hollywood Boulevard, à Los Angeles (États-Unis), Angélique Kidjo a reçu officiellement une étoile et vu son nom inscrit en terrazzo et laiton. Dans la section musique, elle devient ainsi la première native du continent africain à être intronisée sur le prestigieux Walk of Fame (l’allée des célébrités) depuis la première inscription en mars 1960 (2 854 étoiles au total à ce jour). Dans le cinéma, il y a eu avant elle la Sud-Africaine Charlize Theron (2005). Une autre africaine, née cette fois au Mexique, a aussi obtenu une étoile en 2019. Il s’agit de l’actrice américaine d’origine kenyane Lupita Nyong’o.

Détentrice de cinq Grammy Awards

« C’est un moment historique pour mon pays et pour le continent [africain], et pour la culture en général », a déclaré Angélique Kidjo lors de la cérémonie d’intronisation. Elle a dit ensuite souhaiter que cela ouvrira la voie à d’autres artistes africains. Ana Martinez, productrice du Walk of Fame, a salué l’influence internationale de la chanteuse béninoise et son rôle auprès de plusieurs générations de chanteurs. Cette influence repose sur une riche et longue carrière de plus de 40 ans et 18 albums. Avant de devenir une pionnière sur Hollywood Boulevard, Angélique Kidjo a déjà établi un autre record. Elle est la première artiste solo d’Afrique à avoir remporté cinq Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album de musique du monde » (Best Global Music Album).

Qui est Angélique Kidjo ?

Née dans une famille d’artistes le 14 juillet 1960 à Ouidah, au Bénin, Angélique Kidjo a connu la musique très tôt aux côtés de sa mère, qui consacrait ses week-ends à sa grande passion : le théâtre. À 12 ans, elle jouera même dans sa troupe, à l’occasion de l’interprétation d’un conte folklorique traditionnel béninois. Fan de la musique plus que des planches, l’adolescente continue de chanter au lycée et dans le groupe de ses frères. La petite Kidjo prend pour modèle la chanteuse afro-américaine Aretha Franklin et surtout la Sud-Africaine Miriam Makeba. Très vite, elle sort son premier album Pretty qui fait d’elle une vedette dans son pays et lui permet de s’exporter en Afrique de l’Ouest.

Une carrière internationale propulsée par le producteur de Bob Marley

Mais en 1983, à 23 ans, Angélique Kidjo fuit le régime marxiste-léniniste de son Bénin natal pour rejoindre son frère à Paris. Dans la capitale française, la jeune fille pense d’abord devenir avocate avant de revenir à son premier amour : la musique. Elle suit assidûment des cours de jazz et se produit dans des formations musicales, avant de sortir un autre album, Parakou. Enchanté par ses mélodies, le producteur de musique malien Mamadou Konté envoie son opus à Chris Blackwell, le propriétaire d’Island Records, la maison de disques de Bob Marley. C’est ce dernier qui lui permet de signer son premier contrat et de lancer sa carrière internationale en 1991 avec Logozo.

Angélique Kidjo, une artiste très engagée au niveau humanitaire, social et des droits humains

Une fois révélée au monde, Angélique Kidjo enchaîne les albums et les succès. En 2008, l’album Djin Djin lui offre son premier Grammy Award. Elle en remporte quatre autres : en 2015 (album Eve), en 2016 (Sings), en 2020 (Celia) et en 2022 (Mother Nature). Kidjo a également beaucoup été sollicité pour des featurings, y compris avec de jeunes artistes africains très en vogue sur la scène internationale. Comme Burna Boy, Yemi Alade, Davido, Ayra Starr et Fally Ipupa. « Mama Africa » est également très engagée sur le plan humanitaire, social et des droits de l’Homme. Elle a notamment créé en 2006 la fondation Batonga, qui fournit bourses, uniformes, fournitures et repas aux jeunes filles de familles défavorisées en Afrique.