Cancer du sein : dix ans d’amélioration de l’accès et de l’offre de dépistage

À l’occasion d’Octobre Rose, le gouvernement dresse le bilan de près de dix ans d’action contre le cancer du sein en France et annonce de nouvelles mesures pour améliorer le dépistage ainsi que l’accompagnement des patientes. L’objectif affiché est de permettre à davantage de femmes d’accéder à une mammographie, tout en renforçant l’offre disponible sur les territoires.

À la veille du lancement d’Octobre Rose, le gouvernement a fait un bilan des actions engagées depuis 2017 contre le cancer du sein, premier cancer chez la femme, qui touche chaque année plus de 60 000 Françaises. En près de dix ans, il note un renforcement des campagnes d’information et des invitations au dépistage, une simplification des démarches et un développement des actions pour aller vers les femmes les plus éloignées du système de santé. L’État souligne également les progrès réalisés dans la prise en charge et la réduction de certains restes à charge.

Renforcement du dépistage organisé

Ces efforts s’inscrivent notamment dans le cadre de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030, lancée pour renforcer la prévention et le dépistage, réduire les séquelles des traitements et accélérer l’accès à l’innovation. Le dépistage organisé, qui propose une mammographie tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans, fait partie des plus grandes améliorations. Ce dispositif prévoit notamment une seconde lecture des mammographies ne présentant pas d’anomalie lors de la première interprétation. Annoncée en février 2026, la deuxième feuille de route doit prolonger ces actions jusqu’en 2030.

Grâce notamment à la loi du 5 février 2025, la prise en charge de la maladie a parallèlement évolué grâce aux thérapies ciblées, à la médecine de précision et aux tests génomiques. Aussi, les soins de support occupent une place croissante, avec un accompagnement psychologique et social, une activité physique adaptée, un soutien nutritionnel et une prise en charge de la douleur. Depuis janvier 2026, la prise en charge des prothèses capillaires a par ailleurs été renforcée.

Élargissement du parcours de soins global aux personnes en traitement actif contre le cancer du sein

Et ce n’est pas fini. Le parcours de soins global a été étendu aux personnes en traitement actif contre le cancer, tandis qu’une expérimentation du financement de l’activité physique adaptée (APA) a été lancée dans trois régions (la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et la Provence-Alpes-Côte d’Azur ou PACA. Les règles de renouvellement des prothèses mammaires externes ont aussi été harmonisées. Enfin, le délai du droit à l’oubli est passé de dix à cinq ans, facilitant l’accès à l’assurance et à l’emprunt après la maladie.

Malgré ces avancées, il reste beaucoup à faire. Par exemple, l’accès à une mammographie reste difficile dans certains territoires. Le gouvernement veut donc faciliter la prise de rendez-vous grâce à une plateforme unique, associée à un site recensant les créneaux disponibles. Les plateformes téléphoniques de l’Assurance Maladie seront également davantage mobilisées pour accompagner les femmes qui n’ont pas réalisé leur dépistage jusqu’à la prise de rendez-vous. Objectif : permettre à 80 000 femmes supplémentaires par an d’accéder à une séance avec un professionnel.

Renforcer la participation des radiologues et des centres d’imagerie

L’État veut aussi étendre l’offre de dépistage. Alors que le nombre de radiologues a progressé ces dernières années, leur participation au dépistage organisé a diminué. Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, le gouvernement prépare une mesure visant à renforcer la participation des radiologues et des centres d’imagerie. Pour se faire, tous les radiologues hospitaliers bénéficieront d’une formation au dépistage d’ici fin 2027.

En outre, le programme national sera modernisé. Le gouvernement a déjà engagé des travaux sur l’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle dans le dépistage, tandis que des recherches explorent un dépistage davantage adapté au niveau de risque individuel. Parmi les autres dispositions de la loi de 2025 qui restent à finaliser figure la prise en charge des soutiens-gorges adaptés, prévue pour la fin 2026, après avis de la Haute Autorité de santé. Aussi, un arrêté définissant les dispositifs de confort pris en charge est attendu début 2027.

Continuer à améliorer l’après-cancer du sein

Par ailleurs, la dermopigmentation fait l’objet de travaux. D’ici la fin de l’année, un texte doit préciser les conditions d’activité des tatoueurs et être soumis à concertation. Enfin, le gouvernement veut continuer à améliorer l’après-cancer. Dans ce cadre, le registre national des cancers doit permettre de mieux documenter l’incidence de la maladie et les parcours des patientes, tandis que la recherche doit poursuivre l’ouverture de nouvelles perspectives thérapeutiques.

À l’ouverture d’Octobre Rose, le gouvernement met ainsi en avant les progrès réalisés depuis 2017, tout en reconnaissant que des difficultés persistent. L’accès au dépistage reste notamment inégal selon les territoires et la participation demeure insuffisante. Les prochaines mesures chercheront à faciliter les rendez-vous et à renforcer l’offre de mammographies. En parallèle, il reste à finaliser plusieurs dispositifs d’accompagnement. L’enjeu reste de mieux prévenir, diagnostiquer, traiter et accompagner les femmes tout au long de leur parcours et même après.