Sécurité routière : la femme est mère de sûreté

Nous allons vous épargner le fameux adage sexiste sur les capacités des femmes au volant pour en venir directement aux faits. En l’occurrence, le dernier rapport de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR), révèle en effet un grand déséquilibre entre femmes et hommes quant aux infractions et délits au volant. Cependant, les conclusions sont loin d’aller dans le sens que l’on croit.

Place aux chiffres de l’ONISR, 67 % des points de permis retirés concernent les hommes, avec les conséquences qui en découlent, à savoir qu’en 2016, 90,5 % des permis probatoires rendus nuls en raison d’infractions, étaient possédés par des hommes, contre seulement 9,5 % par des femmes. On peut rajouter aussi la répartition du nombre des infractions ayant entraîné un retrait de points qui accentue la disproportion, car elle donne 64,7 % pour les hommes, contre 35,3 % pour les femmes.

Tout ceci dans un contexte, qui a largement évolué, car le kilométrage annuel des utilisatrices principales d’une voiture (11 200 km) est devenu similaire à celui des hommes (12 500 km). Le rapport 2016 du ministère de l’Intérieur portant sur l’examen du permis de conduire, indique qu’il a été délivré à 49,1 % de femmes pour 50,9 % d’hommes.

Dans l’ensemble de la gamme, il n’est pas une infraction répertoriée par ce rapport pour laquelle la proportion de femmes dépasse celle des hommes. Plus symptomatique encore, plus on monte dans la “hiérarchie” des infractions graves, plus les chiffres sont accablants pour les hommes. L’ONISR, note que “les hommes représentent entre 63 % des infractions de troisième et quatrième classe, punies d’amendes allant de 45 à 375 euros, et jusqu’à 95 % des délits”.

Toute la gamme des infractions y passe, car 91,6 % des personnes condamnées pour conduite sans permis sont des hommes, et seulement 8,4 % sont des femmes. De même, sur un ensemble de 30 543 jugements rendus pour défaut d’assurance, 3 597 femmes étaient condamnées pour 26 946 hommes.

Partis sur cette base, comme on peut s’en douter, sur 114 810 condamnations pour conduite en état d’ivresse en 2015, les hommes représentaient 89,1 % des effectifs des infractions, et les femmes 10,9 %. Les condamnations pour blessures involontaires sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants frappent significativement plus les hommes, qui représentent 88,8 % du panel des condamnés, contre seulement 11,2 % de femmes. Toutefois, la proportion de femmes s’est accrue ces dernières années en matière de conduite en état alcoolique, étant passée de 6 % en 2000 à 11 % en 2015.

Et enfin plus dramatique sur les conséquences, la proportion est encore plus significative quant aux condamnations pour homicides involontaires commis sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, 88,5 % de ces dernières ont concerné des hommes et 11,5 %, des femmes.

Crédit photo : Afterthegoldrush

 

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