Liban : 4 femmes ministres dans le gouvernement de Saad Hariri

Au Liban, quatre femmes au sein d’un gouvernement de trente ministres, c’est l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. D’un côté, on peut considérer que ce dernier gouvernement formé par Saad Hariri, n’ est pas encore un modèle en matière de parité. D’un autre côté, cela constitue tout de même un record indubitable pour un pays comme le Liban. Un record non seulement en matière de quantité, mais aussi en matière de qualité avec l’importance de portefeuilles obtenus.

Les choses vont lentement, trop lentement pour certaines, cependant l’évolution se fait tout de même. 4 ministères, avant cela, le mieux obtenu était 2 ministres dans un gouvernement qui la plupart du temps ne comptait carrément aucune femme.

Parmi ces femmes, celle qui sera certainement la plus surveillée sera Raya Haffar el-Hassan, car elle devient ministre de l’Intérieur. C’est un important ministère régalien, qui réclame des qualités dites masculines, comme être fort, sans concessions, en un mot “viril”. Une femme ministre de l’Intérieur, c’est une première au Liban et dans le monde Arabe. Raya Haffar el-Hassan, est une sunnite de Tripoli, née en 1967, diplômée de la George Washington University en finances et investissements. Ce n’est pas sa première participation à un gouvernement, elle fut déjà ministre des Finances entre novembre 2009 et janvier 2011, au sein d’un précédent gouvernement également dirigé par Saad Hariri, dont elle est une fidèle.

Un autre ministère important au Liban, celui de l’Énergie et l’Eau. Il est le garant d’importants enjeux sécuritaires, économiques et sociaux. Une grande responsabilité pour une jeune femme de 35 ans, Nada Boustani. Cette maronite, diplômée en administration et gestion d’entreprise d’une grande école européenne, est une spécialiste dans le domaine. En effet, elle a occupé le poste de coordinatrice du comité de conseil pour l’énergie et l’eau et elle fut la conseillère en organisation et stratégie du ministre précédant de l’Énergie et de l’Eau.

C’est une autre maronite, la journaliste May Chidiac, qui va devenir ministre d’État pour le Développement administratif. Elle est le fruit de l’école française, car elle possède un doctorat en sciences de l’information et de la communication de l’Université Paris II Panthéon-Assas. Elle fut victime d’un attentat le 25 septembre 2005, qui la privera de son bras et sa jambe gauche.

Violette Khairallah Safadi, épouse de l’ancien ministre Mohammad Safadi, est nommée ministre d’État dans ce qui devrait devenir le ministère aux affaires du renforcement des capacités des femmes et des jeunes. Une consécration pour cette ancienne journaliste et conseillère en information au ministère des Finances et de l’Économie. Elle sera aussi une jeune ministre de 37 ans, qui représentera la communauté grecque-orthodoxe au sein du nouveau cabinet. Cette diplômée d’Harvard, représente la communauté grecque-orthodoxe. Elle est engagée, depuis longtemps sur le plan humanitaire auprès des populations libanaises démunies, des réfugiés syriens et des enfants atteints de maladies chroniques.

Espérons, que ces femmes par leur présence et leurs actions, ouvriront d’autres portes à bien des femmes, décidées à prendre leur place, à tous les étages de la représentation politique du pays.

Crédit photo : abdallah kheir

 

 

 

 

 

 

 

 

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