Féminisme : « sales connes », le nouveau #Metoo déclenché par  Brigitte Macron 

« Sales connes » ! C’est l’injure proférée par Brigitte Macron à l’encontre de militantes féministes, qui ont interrompu samedi un spectacle de l’humoriste Ary Abittan. Cette insulte, qui a fuité grâce à une vidéo envoyée à la presse, est au cœur d’une vive polémique depuis plusieurs jours. Sur les réseaux sociaux, des personnalités publiques et des féministes reprennent les deux mots comme une forme de slogan de revendication, rappelant le hashtag Metoo.

Elle est sortie de ses gonds, notre Brigi ! Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Brigitte Macron qualifie de « sales connes » des militantes féministes, qui ont interrompu samedi un spectacle de l’humoriste Ary Abittan. Ces propos grossiers proférés en public sont à peine croyables venant d’une Première Dame. Certains ont même pensé qu’il s’agissait encore d’un montage créée par l’intelligence artificielle. Mais c’est bien la réalité.

Une vidéo tournée par l’agence d’une proche de Brigitte Macron 

La vidéo dans laquelle Brigitte Macron traite des militantes féministes de « sales connes » a bel et bien été tournée par l’agence Bestimage, dont la patronne Mimi Marchand est une proche de la Première Dame. Elle aurait été envoyée par erreur (ou plutôt vendue) à la presse people, notamment Paris Match, Closer et Public. Mimi Marchand, qui veille habituellement à filtrer toutes les images destinées aux médias, n’était pas présente ce jour-là en raison d’un deuil, dit-on. La déclaration scandaleuse a été captée en coulisses peu avant la montée sur scène de l’humoriste.

Brigitte Macron était là pour voir le spectacle et non assister à une protestation 

À ce moment-là, quatre militantes du collectif féministe #NousToutes, portant des masques à l’effigie d’Ary Abittan avec la mention « violeur », ont surgi pour interrompre la représentation dans la salle parisienne des Folies Bergère, selon l’organisation. Cette apparition soudaine a sans agacé Brigitte Macron, qui était là pour voir le spectacle, elle qui adore et soutient l’art sous toutes ses formes. La Première Dame de France a probablement disjoncté parce que les activistes n’avaient plus de raison d’agir ainsi…enfin si on considère la décision de justice prise il y a plusieurs mois et, qui ne plaît pas dans le milieu des féministes. Petit rappel.

Ary Abittan innocenté par la justice 

En octobre 2021, Ary Abittan a été accusé de viol par une jeune femme avec qui il entretenait une relation amoureuse depuis quelques semaines. Placé en garde à vue et mis en examen, le comédien a toujours nié les faits. Après trois ans d’enquête, la justice a prononcé un non-lieu en avril 2024. Une décision confirmée en appel en janvier 2025, mettant un terme définitif aux poursuites judiciaires.

Innocenté par la justice, Ary Abittan est remonté sur scène en octobre 2024 avec son nouveau spectacle, « Authentique ». Mais certaines militantes féministes ne lâchent pas l’affaire. Selon elles, les accusations sont trop graves pour tourner la page aussi facilement, même après la décision du juge. À défaut de pouvoir le jeter derrière les barreaux, elles ont décidé de déranger ses spectacles.

Les hommes ont droit eux aussi à la présomption d’innocence 

Pourtant, la justice a tranché. Et ce n’est pas parce que les accusations viennent de la bouche d’une femme qu’elles sont forcément vraies. Cette histoire nous rappelle les affaires ayant visé le footballeur brésilien Neymar en 2019 et les rugbymen français Oscar Jegou et Hugo Auradou en 2024. Ces dossiers ont été classés, la justice soupçonnant les jeunes femmes de les avoir piégés pour en tirer un avantage financier. Ils nous enseignent qu’il ne faut pas systématiquement clouer au pilori un accusé parce que c’est un homme.

La propension de certaines militantes à condamner systématiquement les hommes accusés de viols les font passer pour des hystériques et pourrait nuire au combat des vraies victimes d’abus sexuels. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a rappelé que la présomption d’innocence doit être respectée. Elle a cependant assuré que le combat féministe était important. Ce qui est vrai.

L’expression « Sales connes » revendiquée sur les réseaux sociaux comme un mot dièse 

Pour revenir à Brigitte Macron, ses propos sont inexcusables, même si certaines féministes en font trop. Son injure a provoqué une vague de revendication sur les réseaux sociaux, rappelant le mouvement #Metoo. De nombreuses femmes et représentantes du mouvement féministe ont repris cette insulte à leur compte, via des posts sur TikTok ou Instagram. Certaines ont même changé leur pseudonyme, avec la petite phrase « sales connes » largement mise en avant.

Beaucoup se disent fières d’être des sales connes, si cela signifie de dénoncer des violeurs. Des actrices comme Judith Godrèche ou Marion Cotillard promettent de mettre en vente des t-shirts avec l’inscription « Sales Connes » dessus, et de reverser les fonds à des associations qui luttent contre les violences faites aux femmes.

Brigitte Macron empile les polémiques 

Face à la polémique qui enfle, le gouvernement a jugé bon d’assurer la défense de l’épouse du chef de l’État. Sa porte-parole, Maud Bregeon, a expliqué que Brigitte Macron a été filmée à l’occasion d’un moment de « spontanéité », alors qu’elle était venue saluer l’humoriste. Fort de ce contexte, elle prie qu’on la « laisse tranquille ». La concernée n’a pas encore officiellement réagi. Mais son entourage a assuré à l’AFP qu’il ne fallait « voir dans cet échange qu’une critique de la méthode radicale employée » par les militantes.

Mais ça en fait un peu trop pour une Première Dame, qui ne cesse d’empiler les polémiques et de rendre plus impopulaire son mari, car ses actions déteignent sur lui. Parfois même c’est lui qui en prend pour son grade. Celle que la sphère complotiste soupçonne d’être son mystérieux frère Jean-Michel Trogneux a collé une baffe à Emmanuel Macron à la descente de l’avion, lors d’un voyage au Vietnam en mai 2025.