D’après une étude récente de l’Institut Terram, l’environnement reste une attente majeure des électeurs pour les municipales de mars 2026. Pour les trois quarts des personnes interrogées, les propositions environnementales des candidats détermineront pour une grande part leur vote, aux côtés de la sécurité (économique, routière, sanitaire…). Cette tendance concerne autant les métropoles que les petites villes.
Les élections municipales de 2026 en France se tiendront les dimanches 15 (pour le premier tour) et 22 mars (pour le second). Elles permettront de renouveler les conseillers municipaux et communautaires pour un mandat de six ans. Pour ce scrutin, les Français ont de nombreuses attentes et celles-ci décideront de leur choix. D’après une étude de l’Institut Terram et de l’ONG Project Tempo, publiée le 3 février, l’environnement demeure une préoccupation majeure des électeurs. Au moins trois quarts d’entre eux déclarent que les propositions environnementales des candidats compteront dans leur vote aux municipales.
Les Français satisfaits de l’action des maires en matière d’environnement
L’enquête de l’ONG Project Tempo et de l’Institut Terram relève d’abord que les Français reconnaissent l’action des maires en matière d’écologie, avec plus de sept sondés sur dix (71%) se disant satisfaits du bilan écologique de leur commune, dont 10% se disent « tout à fait satisfaits » et 61% « plutôt satisfaits ». Cependant, cette satisfaction s’accompagne d’un sentiment de retard face à l’ampleur des défis. À peine un tiers des Français (32%) estiment que leur ville en fait assez pour répondre aux besoins en matière de protection de l’environnement. Cette proportion tombe à 27% concernant la réduction des pollutions et à 24% pour l’adaptation aux risques climatiques (inondations, canicules, etc.).
Une forte différenciation territoriale des préoccupations écologiques
L’étude note en outre une forte différenciation des préoccupations environnementales entre territoires. Dans les communes rurales, les habitants s’inquiètent davantage pour la qualité de l’eau (43%) que pour la pollution de l’air (28%) et la pollution sonore (20%). Dans les grandes métropoles, les inquiétudes se portent plus sur la pollution de l’air (44%), la pollution sonore (35%), l’urbanisation excessive (35%) et la chaleur excessive (29%). En dépit de cette différenciation, le sondage contient un grand enseignement : « c’est la remise en cause claire et complète de cette idée d’un ‘backlash’ environnemental, un retour de bâton contre l’écologie, dont on entend beaucoup parler dans les médias et les partis politiques », analyse Antoine Bristielle, directeur France de Project Tempo. « Six ans après les élections municipales de 2020, l’écologie locale apparaît à la fois solidement ancrée dans les attentes citoyennes et profondément reconfigurée dans ses modalités », ajoute-t-elle.
La sécurité passe avant tout
Le sondage indique toutefois que l’environnement n’est pas la préoccupation première des Français. C’est plutôt la sécurité qu’on trouve en tête des priorités assignées à l’action municipale (citée par 41% des Français). Elle arrive loin devant la circulation et le stationnement (29%), le logement (28%), les commerces et le dynamisme économique local (28%) ainsi que la réduction des pollutions (27%). Il faut néanmoins noter que la sécurité est prise sous toutes ses formes. La sécurité liée à la délinquance et aux incivilités reste dominante (64%). Suivent la sécurité routière (54%), la sécurité économique et sociale (50%), la sécurité environnementale et sanitaire (45%) et la sécurité liée à l’état des bâtiments et des infrastructures (34%).
L’environnement doit être pleinement intégré aux décisions publiques locales
Si les trois quarts (74%) des personnes interrogées affirment que les propositions environnementales des candidats aux municipales auront une place importante dans leur choix de vote, cette préoccupation concerne aussi bien les jeunes (76% des 18-24 ans) que les seniors (67% des 65 ans et plus). Elle touche aussi autant les grandes villes (78%) que les territoires ruraux (62%) et les villes moyennes (74%), tout en traversant les clivages sociaux.
Mais les catégories socioprofessionnelles modestes se montrent légèrement plus attentives aux enjeux environnementaux (78 %) que les classes favorisées (76%). Enfin, près de sept Français sur dix (69 %) estiment que la politique environnementale doit faire partie intégrante des décisions publiques locales, et donc ne doit plus être considérée comme un sujet à part.