Sport : c’est quoi le problème avec les tests de féminité ?

Le Comité international olympique (CIO) souhaite rétablir les tests de féminité pour les JO 2028 de Los Angeles. Abandonnés depuis 1996 sous la pression d’une partie de la communauté scientifique, ces dispositifs permettent de réserver les épreuves féminines aux seules personnes de sexe biologique féminin. Si certains y voient un anachronisme qui viole le droit des femmes, ils sont plutôt pratiques pour protéger ces dernières contre l’intrusion de personnes transgenres avantagées par leur corps. C’est une question de bons sens.

Le Comité international olympique (CIO) a annoncé jeudi 26 mars le rétablissement des tests génétiques de féminité en vue des JO 2028 de Los Angeles, près de 30 ans après les avoir abandonnés. L’organisme avait eu recours à ces tests chromosomiques entre les JO 1968 de Mexico les JO 1996 d’Atlanta, avant d’y renoncer en 1999 sous la pression d’une partie de la communauté scientifique et de la commission des athlètes.

Les tests de féminité élimineront les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes

Votée à l’unanimité par la commission exécutive du CIO, la réinstauration des tests de féminité implique que l’admissibilité à toute épreuve féminine des Jeux olympiques soit désormais réservée aux personnes de sexe biologique féminin, non-porteuses du gène SRY.

Ce facteur génétique clé situé sur le chromosome Y déclenche la formation des testicules et donc la masculinisation, tandis que son absence permet le développement ovarien. Dès lors, les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes sont exclues du sport féminin (à juste titre). Toutefois, les athlètes qui pourront démontrer leur « insensibilité totale aux androgènes », c’est-à-dire l’incapacité de leur corps à utiliser la testostérone, pourront y prendre part.

Les tests de féminité déjà en vigueur dans l’athlétisme, la boxe et le ski

« Je suis très fière de ce travail », a déclaré à la presse la présidente du CIO, Kirsty Coventry, pour qui la nouvelle politique « soutient l’égalité, l’équité et la sécurité sur les terrains de jeu ». La dirigeante zimbabwéenne précise qu’il reviendra aux fédérations internationales et aux instances sportives nationales d’organiser ces tests chromosomiques, qui devront être passés « une seule fois dans la vie de l’athlète ». Ces tests sont déjà en vigueur depuis l’an dernier dans trois disciplines : l’athlétisme, la boxe et le ski. Mais de nombreuses voix s’élèvent contre cette pratique jugée injuste et discriminatoire.

Les tests de féminité « souvent appuyés sur des stéréotypes racistes liés au genre. »

Human Rights Watch, notamment, affirme que « les tests de vérification du sexe ont été discrédités car jugés contraires à l’éthique, non scientifiques et inapplicables, et se sont souvent appuyés sur des stéréotypes racistes liés au genre. ». L’organisation de défense des droits humains allègue qu’« il n’existe aucun consensus scientifique selon lequel un taux de testostérone supérieur à la normale chez les femmes confère un avantage sur le plan sportif. ».

De son côté, l’association Sports and Rights Alliance (SRA) estime qu’une telle politique constitue « une érosion catastrophique des droits et de la sécurité des femmes ». Elle argue aussi que « le contrôle des genres et l’exclusion nuisent à toutes les femmes et à toutes les filles, et sapent la dignité et à l’équité mêmes que le CIO prétend défendre. ».

Il ne s’agit pas d’une énième tentative des hommes de contrôler le corps des femmes

Pourtant, c’est justement pour défendre les femmes et les filles que les tests de féminité sont appliqués. Il ne s’agit pas d’une énième tentative des hommes de contrôler leur corps, mais d’un effort de les protéger contre l’injustice flagrante. Elles souffrent déjà assez de l’inégalité. Il ne faudrait pas en rajouter en permettant aux personnes transgenres (nées hommes et devenues femmes) de concourir à leurs côtés. A moins qu’on veuille arracher aux femmes biologiques le peu de récompenses qu’il leur reste, qu’on veuille les invisibiliser davantage…

Seules les athlètes hyperandrogènes doivent être prises en compte

On aura beau nier les avantages physiques incontestables des hommes dans certains sports, les résultats le démontrent au quotidien, notamment dans l’athlétisme et la boxe. Il n’y a donc aucune raison d’intégrer aux sports féminins des personnes nés hommes et qui se revendiquent femmes. C’est une question de bon sens et d’équité, non de conventions sociales. Seuls des cas particuliers comme celui de Caster Semenya, athlète sud-africaine souffrant d’hyperandrogénie, doivent être pris en compte.