JO Paris 2024 : Airbnb, le sponsor de la discorde

Le lundi 18 novembre 2019, le CIO a annoncé que Airbnb allait devenir un des quinze TOP sponsors des Jeux Olympiques. En lutte avec Airbnb, qui vampirise le parc locatif de la capitale, la Mairie de Paris a réagi fortement, dans l’optique des JO 2024. La maire de Paris Anne Hidalgo a notamment écrit au président du CIO pour lui demander de revoir sa position. Dans la foulée, les syndicats hôteliers, partenaires-clés de Paris 2024, ont décidé de suspendre leur participation.

Quand le président du Comité International Olympique, Thomas Bach, a annoncé, le lundi 18 novembre 2019, qu’Airbnb allait devenir, jusqu’en 2028, un des TOP sponsors des JO, il ne s’attendait sans doute pas à une telle tempête.

Mais la Mairie de Paris n’entend pas subir des panneaux publicitaires pour une entreprise qu’elle combat férocement. En effet, la Ville de Paris reproche à Airbnb de ne pas collaborer avec elle pour faire appliquer la loi ; la plateforme refuse notamment de supprimer des annonces qu’elle sait illégales.

Airbnb sponsor des JO : un choix « totalement irresponsable au regard des conséquences désastreuses d’Airbnb dans nos villes »

Actuellement, à Paris, seule une résidence principale peut être louée sur Airbnb, pour une durée maximale de 120 jours par an. Le but de cette réglementation est de lutter contre les professionnels de l’immobilier, qui soutirent des logements au marché locatif pour les mettre en location sur Airbnb. La Ville de Paris estime à 60 000 le nombre de ces logements perdus depuis l’arrivée d’Airbnb.

D’où une réaction musclée de la part d’Anne Hidalgo. Elle a immédiatement écrit à Thomas Bach pour lui demander de réfléchir à ce partenariat : « En soustrayant à Paris un nombre important de logements, Airbnb est un facteur d’augmentation du prix des loyers et d’aggravation de la pénurie de logements sur le marché locatif, pénalisant l’ensemble des Parisiennes et des Parisiens, et, en particulier, les classes moyennes. Les conséquences se mesurent parfois à l’échelle d’immeubles, de rues, lorsque ce ne sont pas des quartiers entiers qui sont touchés, générant des nuisances pour les riverains, déstabilisant le commerce local et concurrençant durement l’hôtellerie traditionnelle », détaille la maire de Paris.

Son adjoint au logement, Ian Brossat, a été encore plus direct : « Ce choix est totalement irresponsable au regard des conséquences désastreuses d’Airbnb dans nos villes ».

La menace des hôteliers

Le mercredi 20 novembre, ce sont les syndicats hôteliers qui sont montés, à leur tour, au créneau. Jugeant le choix d’Airbnb « totalement irrespectueux envers les professionnels de l’hôtellerie », Laurent Duc, président de la branche hôtelière de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) a déclaré : « Les hôteliers vont suspendre leur participation à l’organisation des JO 2024 ».

Le Comité d’Organisation des JO 2024 (COJO) travaille en effet avec l’Umih pour loger les sportifs et journalistes qui vont participer à l’événement. 617 hôtels étaient déjà réservés. Plus globalement, en ajoutant les visiteurs et supporters, Laurent Duc rappelle que « l’offre hôtelière parisienne et francilienne était un atout dans le dossier de candidature de la ville de Paris ».

Pour l’heure, le CIO n’a pas officiellement réagi.

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