Règles abondantes : Haima, le premier médicament sans hormone et sans ordonnance

Une petite révolution dans les pharmacies en France. Fin mars, le groupe Cemag Care a lancé Haima, un médicament contre les règles abondantes, qui touchent deux femmes sur trois. Sans hormone et ne nécessitant aucune ordonnance, ce traitement promet de réduire les saignements de 36 à 54 % dès le premier jour.

Selon une enquête Ipsos-BVA, 67 % des femmes souffrent de règles abondantes en France. Les saignements menstruels sont dits abondants lorsqu’ils dépassent la normale, plus de 80 ml de sang perdu par cycle. Heureusement, dans la moitié des cas, ce flux de sang et de muqueuse utérien est fonctionnel et sans cause médicale.

Les ménorragies peuvent avoir des effets psychologiques

Si les règles anormalement abondantes ne sont liées à aucun souci de santé pour la plupart, elles peuvent néanmoins avoir un impact psychologique. Ces écoulements sanguins causent parfois un inconfort, à cause des taches sur les draps et de la course permanente aux toilettes pour changer de protection. Ils provoquent aussi de la fatigue, une carence en fer, une anxiété, voire une dépression dans les cas les plus sévères. Evidemment, leurs effets nuisent à la vie familiale, sexuelle et professionnelle, tout en renforçant le tabou des ménorragies.

Haima repose sur l’utilisation de l’acide tranexamique

Pour soulager les femmes et leur permettre de vivre normalement avec leurs menstruations, le laboratoire Cemag Care a développé un traitement non hormonal. Nommé Haima, ce médicament sans prescription est disponible dans les pharmacies de France depuis le vendredi 27 mars. Il repose sur l’utilisation de l’acide tranexamique, une substance active reconnue comme très efficace et sure depuis près d’un demi-siècle. Le remède se présente sous forme de sachets de 1 000 mg d’acide tranexamique, à dissoudre dans de l’eau, et à prendre trois fois par jour pendant les règles (toutes les 6 à 8 heures).

Conseillé aux femmes de plus de 15 ans ayant des cycles réguliers de 21 à 35 jours

Haima est indiqué pour les femmes de plus de 15 ans ayant des cycles réguliers de 21 à 35 jours, avec une variabilité individuelle inférieure ou égale à 3 jours. Il est déconseillé en cas d’insuffisance rénale sévère, de prise concomitante d’un contraceptif hormonal, de maladie thromboembolique active, d’antécédents de convulsion et d’hypersensibilité à l’acide tranexamique ou à un excipient. Le traitement ne doit pas être démarré avant la survenue des menstruations. Son prix s’élève à une dizaine d’euros par cycle menstruel, entièrement à la charge des patientes.

Haima réduit les saignements de 36 % à 54 % dès le premier jour

Haima agit directement sur le mécanisme responsable du saignement, en aidant l’organisme à stabiliser le processus naturel de coagulation. Le traitement promet de réduire les saignements de 36 % à 54 % dès le premier jour. Comme tout médicament, il a de potentiels effets secondaires, mais ceux-ci se limitent généralement à des maux de tête ou à des troubles gastro-intestinaux modérés et transitoires.

Par sa simplicité d’utilisation (en petit sachet) et son accessibilité (sans ordonnance), Haima est parfait pour des femmes qui souhaitent plus de discrétion ou qui peinent à obtenir un rendez-vous gynécologique. Les remèdes existants comme l’Exacyl nécessitent une prescription.

Un médicament sans ordonnance peut encourager les femmes à s’auto-traiter

Certains professionnels émettent toutefois des inquiétudes. Comme le Dr Geoffroy Robin, gynécologue médical et secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui estime que le libre accès à cette molécule peut pousser les femmes à s’auto-traiter et donc à minimiser le besoin de voir un médecin pour rechercher les causes et traiter plus efficacement le problème.

Le médecin rappelle que les règles abondantes peuvent parfois cacher des pathologies comme les polypes ou fibromes ou entraîner une anémie sévère nécessitant parfois une hospitalisation. Il préconise donc de former les pharmaciens à interroger les femmes sur leurs antécédents. « Sans un interrogatoire serré en officine, le passage à côté d’une contre-indication (comme un tabagisme important ou un passif de caillot sanguin) est possible », prévient le Dr Geoffroy Robin.