Du 18 mars au 31 août 2026, le Mucem à Marseille propose « Bonnes Mères », une grande exposition consacrée à la maternité sous le prisme de la Méditerranée. Cet évènement, qui englobe la période de l’Antiquité à nos jours, vise à briser les mythes et à révéler les réalités de l’expérience de la maternité. Le parcours réunit près de 350 œuvres, dont des objets rituels, des peintures, des photographies de naissances et des affiches militantes.
Le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) met à l’honneur la maternité véritable. Du 18 mars au 31 août 2026, sous l’œil protecteur de la basilique marseillaise, figure tutélaire de la cité phocéenne, l’établissement invite à découvrir l’exposition « Bonnes Mères », qui met en exergue la maternité dans tout ce qu’elle a de pluriel. En partant de cet emblème local et méditerranéen, l’exposition propose aux visiteurs de remonter aux déesses-mères de l’Antiquité, puis d’explorer la manière dont les sociétés ont façonné au fil du temps l’image de la mère. Celle-ci ayant d’abord fait l’objet d’une dévotion et d’une idéalisation, avant de subir un contrôle social plus ou moins strict selon les peuples.
« Marseille, ville idéale pour présenter » l’exposition « Belles Mères »
Caroline Chenu, commissaire de l’exposition explique que « Bonnes Mères souhaite offrir une exploration originale, complète et critique de la maternité en Méditerranée », tout en menant une réflexion sur les enjeux passés, présents et futurs de cette expérience universelle. Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes et co-commissaire de l’exposition, estime pour sa part que « Marseille, terre d’accueil et d’arrivée, est la ville idéale pour présenter une telle exposition » et que « son emblème, la Bonne Mère (Notre-Dame de la Garde) incarne protection et tendresse ». De son côté, le président du Mucem, Pierre Costa croit que « Bonnes Mères » porte un cortège de portraits qui s’animent, au cœur de Marseille, pour mieux révéler celles que nous pourrions parfois mieux aimer, mieux fêter ».
« Bonnes Mères » revient sur les grandes figures de la fécondité
L’exposition débute avec les grandes figures de la fécondité. Parmi lesquelles les « déesses-mères » antiques, dont Vénus, qui incarne la puissance du corps maternel. Les visiteurs pourront notamment admirer l’Empreinte d’une Grande Vénus (Lespugue) de Prune Nourry, une sculpture monumentale célèbre pour ses formes féminines stylisées et généreuses. Ils trouveront aussi des œuvres de l’atelier de Sandro Botticelli (1445-1510), qui allient grâce linéaire et naturalisme. Comme la Vierge à l’Enfant et les Madones italiennes, figures de douceur et de perfection maternelle. À travers ces pièces, le Mucem veut montrer comment la maternité a d’abord été sacralisée et idéalisée, avant d’être soumise progressivement à un diktat masculin.
La maternité joyeuse et explosive aux côtés des réalités tues
Plus loin, l’exposition donne à voir les réalités concrètes de la maternité, souvent tues ou invisibilisées. Il s’agit des corps flétris, des règles, de l’accouchement et de l’allaitement, mais aussi de la PMA, de l’adoption ou encore des nouvelles formes de parentalité. Des discussions porteront également sur les enjeux contemporains majeurs comme la charge mentale, le travail domestique et les inégalités de genre. Comme pour offrir un effet miroir, la dimension collective, joyeuse ou explosive de la maternité n’est pas occultée. Elle est visible notamment à travers Les Nanas de Niki De Saint-Phalle (1930-2002) qui, à travers leurs silhouettes rondes et colorées, célèbrent des corps féminins puissants, ludiques et modernes.
Les œuvres montrent les multiples facettes de la maternité méditerranéenne
Le Mucem expose près de 350 œuvres issues de ses collections ethnographiques. On y trouve un peu de tout : des terres cuites, des objets rituels, des photographies de naissances et des affiches militantes, entre autres. Ces œuvres montrent les multiples facettes de la maternité méditerranéenne, dont celle de la « mère nourricière », de la « mère patriotique », de la « mère poule », de la « mère louve », ou encore du « fils à maman » qui continuent de coller à la peau des mamans de cette région. Parmi les artistes exposés (peintres, photographes, plasticiennes, etc.), on retrouve Emmanuelle Genolini, Nour Awada, Zineb Sedira, Fatima Mazmouz et Mireille Blanc.