Quand Instagram facilite le rapport à l’alimentation des femmes

Aujourd’hui prendre part à un repas va plus loin, que s’installer autour d’une table avec des amis. De plus en plus, les internautes veulent partager les plats sur les réseaux sociaux. On retrouve donc les commentaires sur les expériences culinaires, et parmi eux des milliers de jeunes femmes, mettent en scène et rendent public leur rapport parfois trouble avec l’alimentation.

Il est clair, que pour beaucoup de ces jeunes femmes, il s’agit de conjurer un rapport qui est, ou qui fut parfois difficile avec la nourriture. Au-delà, des astuces recettes ou la satisfaction de montrer une réussite et un savoir-faire, il y a derrière tout cela, une volonté d’échanger des expériences et une entraide face à certaines relations difficiles avec la nourriture.

Une volonté d’échange à propos de l’alimentation

On découvre à travers ces échanges, la volonté de partager une relation apaisée et un bien-être retrouvé, après avoir traversé des épisodes difficiles, comme l’anorexie, des prises de poids importantes ou des périodes “yoyo” incessantes.

Lamia Sadoun, Pascale Ezan et Valérie Hemar-Nicolas, enseignantes-chercheuses à l’université du Havre et de Paris Sud, dans une étude sur la mise en scène de l’alimentation sur Instagram, expliquent “ce réseau social est très prisé par les jeunes, qui y partagent des visuels, échangent des commentaires autour de leur repas, de recettes culinaires dans lesquels se laissent voir des motivations hédonistes”.

Attention un excès peut en cacher un autre 

Tout ceci, ne constitue pas un remède miracle, mais il peut éviter d’entrer dans des méthodes plus hardes et dangereuses en matière d’habitude alimentaire. Le partage des photos, est la première étape d’une socialisation et d’un rapport “soft et fun” avec les habitudes culinaires. Lamia Sadoun, confirme “il permet d’ouvrir, en ligne, des interactions émotionnelles, comme des encouragements, de la reconnaissance, de la fierté. Grâce à l’interaction avec leurs abonnés, la démonstration est faite que l’on mange bien et que cela permet d’être bien physiquement”.

A partir de là, il faut quoi qu’il arrive, ne pas sombrer dans l’obsession, trop vouloir bien faire, le risque est de passer d’un trouble du comportement alimentaire à un autre. Doriane, instagrameuse parisienne, donne sa ligne de conduite, “on ne sait jamais ce que nous réserve la vie. Il faut en profiter, cela signifie aussi qu’il faut bien manger”.

Peut-être en gardant à l’esprit ce vieil adage qui rappelle, qu’il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.

Crédit photo : lex sirikiat

 

 
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