Ladybird : la première compagnie de poids lourds, exclusivement féminine

La Ladybird Logistic, n’est pas une compagnie de transport comme les autres. Ses camions-citernes sillonnent les routes et les pistes du Ghana. Cependant, au volant de ses gros camions, ce sont des femmes. Actuellement, elles sont 21 à constituer la première compagnie de transport au monde à n’employer que des femmes. Il semblerait qu’elles puissent être bientôt plus nombreuses.
Les plus anciens se souviennent du “salaire de la peur”, ce film où 2 hommes transportent en camion des explosifs dans un périple africain. Le scénario tendance actuel pourrait y mettre 2 femmes. La Ladybird Logistics, est la première compagnie de transport au monde à n’employer que des femmes à tous les postes, c’est-à-dire de la directrice générale à la mécanicienne.
Parmi elles, les conductrices d’énormes camions-citernes, qui livrent des cargaisons allant jusqu’à 47 000 litres d’essence vers les mines d’or du Ghana. Elles parcourent en long, en large et en travers un pays d’Afrique de l’Ouest de près de 240 000 km². En règle générale, elles font des trajets de quatre heures, le plus long étant de sept heures, à partir de la ville côtière de Takoradi, où elles sont basées.
Tout ceci n’a rien à voir avec le hasard, si ces femmes sont là, c’est pour des raisons et des critères très précis. Il s’agit en partie de lutter contre la revente de l’essence au marché noir.

William Tewiah, le directeur général de Zen Petroleum, l’un des leaders du transport d’hydrocarbures au Ghana, en avait marre de systématiquement voir “s’évaporer” des quantités de carburant.

Pour lutter contre un mal endémique, il faut faire table rase et repartir avec du neuf. De là, l’idée de recruter des femmes. Il a lui-même poussé Payin Marfo, alors conseillère en gestion, à prendre la tête d’une compagnie de transport entièrement féminine, qui devient la Ladybird. Le capital appartient à un groupe d’actionnaires et l’année suivante, elle a commencé à approvisionner en pétrole les mines pour le compte de Zen Petroleum.

Le recrutement ne s’est pas fait n’importe comment. Beaucoup d’employées de cette société de transports, âgées de 28 à 45 ans, étaient déjà conductrices de cars ou de bus et avaient le permis poids lourd avant de conduire des camions-citernes. Il a fallu s’endurcir un peu pour faire face. Pour cela, elles ont suivi un entraînement militaire, notamment avec des cours de self-défense, en plus de leur formation professionnelle.

De plus en plus de femmes, s’intéressent au métier de chauffeur“, avance Mme Marfo. Chaque semaine, de nouvelles candidates se présentent à son bureau.

Il faut dire, que pour de nombreuses femmes, ce type de travail représente plus qu’un simple salaire. C’est aussi une affirmation de soi, dans un milieu particulièrement masculin et macho.

Les salariées de Ladybird semblent tout de même gagner leurs galons et le respect d’une majorité de leurs collègues. Ils louent avant tout leur patience, l’une des plus grandes qualités nécessaires lorsque l’on emprunte les routes d’Afrique de l’Ouest.

Crédit photo : Nigel Tadyanehondo

 

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