Des parents portent plainte contre une cantine dont le veau n’était pas bio !

Une cantine du XVIIIème arrondissement de Paris, gérée par la Sogeres, voulait servir aux élèves un veau supposément « français et bio », alors qu’il venait d’Allemagne et n’avait rien de bio ! Un collectif de parents a décidé de porter plainte contre la Sogeres et la ville de Paris.

Dans le XVIIIème arrondissement de Paris, la gestion des cantines est assurée par un prestataire extérieur, la Sogeres – là où elle est effectuée en régie directe dans la quasi-totalité des autres arrondissements. Un choix qui ne convainc pas, loin s’en faut, les parents d’élèves. Depuis 2017, un collectif baptisé « Les enfants du 18e mangent ça » dénonce la mauvaise qualité des 14 000 repas servi chaque jour dans les 85 cantines de l’arrondissement.

Le veau “bio et français” était originaire d’Allemagne

Depuis le renouvellement du contrat en 2018, le cahier des charges de la ville de Paris impose à la Sogeres de bannir les plats ultra-transformés, de proposer 60 % de bio, une alternative végétarienne quotidienne, des produits locaux… Et surtout, exclusivement des « viandes françaises, Label rouge ou bio ». Ce nouveau cahier des charges n’a pas calmé les parents activistes, qui soupçonnait la Sogeres de ne pas le respecter.

Et, fin janvier 2020, le gestionnaire de cantine a été pris la main dans le sac. Un emballage de sauté de veau a été trouvé par un père d’élève du collectif, dans la poubelle de la cuisine centrale de la Sogeres, rue Riquet. Il portait la mention « né, élevé, abattu et découpé en Allemagne ». Une rapide enquête montre que les menus des cantines prévoyaient, pour le 4 février, un plat sans équivoque : « sauté de veau bio sauce tomate ».

La Sogeres dans l’oeil du cyclone

« Cette fois-ci, c’est trop ! Nous avons saisi le procureur de la République pour tentative de tromperie, visant la Sogeres et la Caisse des écoles, qui vont devoir rendre des comptes… Même si ce veau a été remplacé in extremis par du bœuf charolais lorsque nous avons dénoncé le scandale », expose, pleine de colère, une mère d’élève à nos collègues du Parisien.

Dos au mur, la Sogeres a avoué qu’elle avait menti et n’avait pas respecté le cahier des charges, « suite à un problème d’approvisionnement ». Le gestionnaire a annoncé que le veau allemand a été donné à une association d’aide aux démunis. Pas de quoi calmer la colère des parents.

Eric Lejoindre, maire PS du XVIIIème arrondissement a exigé de la Sogeres qu’elle lui transmette l’intégralité des bons de commandes et de livraisons émis depuis le mois de novembre dernier, date du dernier contrôle. Mais, devant la détermination des parents d’élèves, peu de chance que l’affaire en reste là. Et peu de chances, également, que le contrat de la Sogeres soit renouvelé à son échéance, en 2023…