De plus en plus critiquée, l’application TikTok tente de se refaire une virginité

Interdite en Inde, pointée du doigt par le gouvernement américain… L’application TikTok subit le feu des critiques depuis plusieurs semaines. En cause ? La sécurité et la confidentialité de l’entreprise, accusée de récolter les données personnelles des utilisateurs au profit des autorités chinoises. Pour soigner son image, l’application vient d’annoncer qu’elle accentuera sa lutte contre les « fake news » dans les prochaines semaines. Mais cela sera-t-il suffisant pour rassurer les utilisateurs ?

Ce sont environ 30 000 vidéos, un chiffre colossal, que Tik Tok annonce avoir supprimé de son réseau social. Propageant principalement de la désinformation sur l’épidémie de Covid-19, ces contenus ont été purement et simplement effacés de la plateforme. Une action dont s’est félicitée l’entreprise dans un communiqué : « Sur la base de notre analyse, notre conclusion générale est que nous avons constaté de faibles niveaux de contenu qui enfreignaient nos règles de la communauté relatives à Covid-19 en Europe », a précisé Theo Bertram, directeur européen des relations gouvernementales et des politiques publiques de TikTok.

Une mesure qui ne doit rien au hasard, car l’application chinoise est dans le collimateur de plusieurs autorités publiques : il y a quelques semaines, l’Inde bannissait TikTok de son territoire tandis que l’application est désormais dans le collimateur du Secrétariat d’État américain. Même certaines entreprises, comme la banque Wells Fargo, demandent à leurs employés de supprimer l’application.

L’application est en effet largement soupçonné d’espionnage au service des autorités chinoises. En juin dernier, deux chercheurs en cybersécurité américains auraient révélé des « fuites » de données des utilisateurs vers Pékin et selon le magazine Forbes, l’application chinoise aurait accès au presse-papiers de la version iOS 14 d’Apple : en d’autres termes, TikTok pourrait enregistrer toutes les informations utilisées avec le « copier/coller » du smartphone, et ce, même si l’application n’est pas utilisée. Celle-ci pourrait enregistrer emails, mots de passe voire même certains documents.

Des données qui pourraient ensuite être récupérées par les autorités de Pékin. C’est ce qui explique la décision de New Delhi de bannir TikTok et 58 autres applications chinoises, le ministère des Technologies de l’information indienne indiquant que « cette décision vise à assurer la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien ».

Une accusation lourde, alors que l’application est aussi accusée de faciliter l’accès aux mineurs à des contenus sexuels.

Pour rappel, TikTok a été créé en Chine en 2016, et n’a eu de cesse de gagner en popularité, notamment auprès des 15-25ans, qui y postent de courtes vidéos humoristiques ou musicales. Deuxième application la plus téléchargée en 2019, elle compte aujourd’hui près de 800 millions d’utilisateurs dans le monde.

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